Mes jouets et moi (3)

Mon ami habite Paris (que de doux souvenirs), et nous avons pour habitude de nous promener dans quelques quartiers précis de la capitale, en appréciant les échoppes et ambiances diverses. Il y a notamment un quartier qui nous mène systématiquement dans une boutique des plus alléchantes, Le Passage du Désir.

Nous aimons y flâner, scruter chaque objet, nous émouvoir des scenarii qu’ils peuvent nous offrir, nous consterner devant des produits dont l’utilisation est vraiment, à nos yeux, tirée par les cheveux, sourire et nous amuser de l’objectif de certains, nous laisser tenter par quelques uns d’entre eux, comme ce soir-là, un oeuf vibrant télécommandé.

Si je ne suis pas adepte de la soumission dans toute sa profondeur, j’aime toutefois ressentir cette piquante excitation qui est celle qui m’envahit lorsque je m’abandonne à ses désirs, à ses fantasmes, à ses exigences. L’oeuf s’est donc imposé à nous tout naturellement. Une oeillade coquine et complice et l’objet de notre convoitise se trouve dans notre panier d’achat. Un petit tour par la galerie des sextoys plus tard, l’oeuf est nôtre, après en avoir payé le prix.

Je suis pressée, j’ai envie de l’essayer dans la foulée. Mais nous prenons le temps d’étudier la chose en détail. Une fois rentrés à son appartement, nous étudions les différentes possibilités de vibrations, la forme et la matière, légèrement oblongue pour l’une et extrêmement douce pour l’autre, ainsi que les occasions de l’utiliser. Un cinéma et un bon restaurant s’annoncent justement peu de temps après…

Le soir prévu, juste avant de partir, je baisse ma culotte, hésite une seconde avant de choisir de le laisser faire. A demi-allongée sur la chauffeuse du salon, j’écarte les jambes devant son nez, le laissant contempler à loisir le chemin à emprunter. Ses yeux dans les miens, il commence à introduire  l’oeuf avec précaution, lequel n’a aucunement besoin d’être lubrifié avant, mon intimité s’en chargeant parfaitement. Une fois bien installé, une vérification s’impose. L’objet fonctionne à merveille.

Je me rhabille et direction le cinéma. L’idée même d’être doucement à sa merci me rend moite. Autant dire que l’absence d’humidité qui aurait pu être le seul frein à ce genre de jeux ne nous pose aucun problème. Je le regarde avec une flamme constante dans les yeux, l’envie qu’il me prenne, là, sur le trottoir, sur la banquette du métro, au milieu de la file d’attente pour la séance, sur le velours rouge des sièges du cinéma. Envie d’être sienne, rapidement, pour combler la chaleur qu’il ne manque pas d’attiser à chaque  vibration surprise.

Il s’amuse, l’air mutin, à varier le rythme des stimulations, me provoquant hoquet et sursaut parfois, toujours un sourire mordillé, des yeux presque mi-clos. J’apprends à maitriser les sensations, pour ne pas passer pour une vraie folle aux yeux des passants, mais la totalité, c’est impossible. Les vibrations vont tellement loin, parcourant les terminaisons nerveuses si nombreuses dans mes chairs intimes, utilisant l’intégralité de mon sexe comme terrain de jeu.

J’arrive tant bien que mal à suivre le film, il a la galanterie de se contenter de réveiller le feu qu’à deux ou trois reprises. Ma main sur son pantalon, je me  garde bien de ne pas lui rendre pareille, enfin, tout au moins avec les moyens dont je dispose. Seulement, lui masser l’entrejambe n’est rien comparé à la chaleur qu’il fait monter en moi. Je finis par tenter de reprendre le contrôle, mes gémissements devenant de plus en plus sonores. En vain.

J’aime son sourire quand il est spectateur et acteur de mon excitation sexuelle. Un sourire enivrant, prometteur des pires rapprochements, mais nous avons encore un diner à honorer. Il me propose de rentrer directement. Je soupèse mentalement le plat qui m’attend et le corps à corps qui s’annonce. Estimant que le second aura quoi qu’il arrive lieu, notre prochaine destination sera le restaurant.

Il y a une touche d’humour dans cette expérience. L’oeuf n’en fait qu’à sa tête… il est de temps en temps impossible de l’arrêter. Mon regard toujours de braise se fait faussement suppliant dans ces moments-là et amuse grandement mon partenaire. C’est au restaurant que nous vivons le plus haut de son impudence. Grisée par le cocktail maison, je ne retiens plus aucun son de ma bouche, ni n’en contrôle le volume. Il finit par réussir à arrêter les vibrations avant que les clients ne se retournent tous sur moi. Nous ferons le remake non simulé de Meg Ryan une autre fois…

Sur le chemin du retour, il essaie à nouveau, cela fonctionne, la plupart du temps, et sinon, la durée des vibrations me met dans un tel état que je le prends à pleine bouche, l’un et l’autre accrochés à l’une des barres verticales de la rame. J’attrape sa main libre, pour lui faire toucher la naissance de ma poitrine sur mon décolleté. Il est tard, peu de monde alentours, je lui presse sa main contre mon sein tout en esquissant des gestes de moins en moins discrets sur le gonflement de son pantalon.

Nous arrivons enfin au pied de son immeuble, la délivrance est proche. Non pas celle de l’oeuf qui sortira de son cocon moite et brûlant, mais celle de mon désir qui ne cesse d’enfler depuis plusieurs heures. Je suis dans un état d’excitation proche de la furie sexuelle, je m’agrippe à son col quand je lui fourre ma langue dans la bouche, juste avant le sas d’entrée, me hisse sur la pointe des pieds, manque de planter mes ongles dans la peau tendre de son cou. Il me retient les mains et ouvre finalement la porte.

Le temps de monter les escaliers est mis à profit, ses mains sur mes fesses, son index dessinant des allers et retours sur ma fente encore couverte de tissu, je ne suis plus que braise. Je l’arrête à maintes reprises sur les marches pour me presser contre lui, onduler mon corps contre le sien. D’autorité, il me recentre sur notre destination, mais je continue à trépigner devant la porte de son appartement. Il ouvre enfin. Je n’attends pas d’être dans le salon, la porte encore ouverte, je le déshabille dans le couloir. Son pantalon à baisser, son boxer, alors qu’il enlève comme il peut ses chaussures et chaussettes. Je déboutonne sa chemise, il enlève mon haut, je lèche la peau de sa poitrine, il sort un de mes seins de sa prison de tissu…

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Un soir sur hotmail (4)

Vous ne me harcelez même plus… je ne peux même pas compter sur vous pour égayer mes journées un peu tendues de ces dernières semaines… je vous en veux à mort… même vos derniers mails ne me calment pas (encore qu’heureusement, je préfère largement y être sensible…)

Mmmm…. C’est que vous même vous donniez assez peu de vos nouvelles (ce qui ne me vexe en rien !) Et puis j’ai peur de vous lasser à vous envoyer encore et toujours de telles images ou vidéos…
Vous n’êtes pas un brin lassée ?
Ou vous préférez en recevoir encore pour vous branler, ponctuellement, devant l’intimité de ma pornographie personnelle ? Ce dont je serai ravi…

Dans ce cas, recommençons avec une question crue (et illustrée).

Vous me toucheriez ainsi, doucement, en même temps que ma queue s’enfoncerait dans votre cul ?

Vous aimeriez que je vous maintienne ainsi pour me branler, en fixant votre cul ? En vous disant les pires mots crus qui existent bien sûr…

Vous aimeriez que je vous touche, que je vous palpe, que je vous écarte… pendant que vous vous godez pour moi ?

Vous aimeriez être obscène, ouverte, béante… à ma merci, à attendre que je vous baise par le cul ?

Un peu de tenue…
Je sais m’arrêter lorsque la pudeur s’impose…
Bonne soirée, quelle qu’elle soit !

J’aime votre pudeur, elle me permet de rester sur ma faim… mon partenaire aime aussi votre pudeur, elle lui permet de profiter de ma frénésie… je ne vous ai jamais dit que j’appréciais particulièrement de vous entendre en pleine action ?

Vous y entendre soupirer, diriger… sur l’une, vous vous extasiez sur la croupe de votre partenaire, lui rappelant un engagement qu’elle aurait pris envers vous, et sur l’autre, vous avertissez de votre jouissance imminente… que du bon en somme.

J’aime beaucoup l’idée que vous puissiez vous caresser en regardant mon sexe, en écoutant mon souffle…

J’ai beaucoup aimé les derniers envois… je vais les revoir ce soir, car je suis seule et j’ai besoin de m’amuser un peu…

Vous ne vous lassez pas de cette débauche d’images d’un vulgaire inconnu ???

Mmhhh, laissez moi réfléchir…. mmmhhh… non.

Et sinon, au choix, j’ai pour vous… le cliché d’un objet que j’utilise souvent… la prise au dépourvu de l’un de mes yeux noyé dans mes cheveux… une photo crue (et révélatrice de mes préférences) de mon anatomie…

Dites-moi ce que vous préférez recevoir…

Je penche sans hésiter pour la photo crue.
Je sais déjà que je me caresserai devant.
Et vous, qu’aimeriez recevoir de moi que vous n’avez pas déjà ?

La chambre des Secrets (2)

J’ai envie de lui.

Il passe la porte de la chambre, et s’apprête à s’installer sur son ordi pour finaliser un téléchargement, mais à son passage devant moi pour fermer les volets, je lui lance une oeillade avec un sourire mutin qui l’arrête dans son élan. Il reprend ses esprits et termine la tâche qu’il avait en vue puis s’approche de moi. Il attrape ma main tendue, s’agenouille, et dépose un baiser léger sur mes lèvres. J’y engouffre avec toute la force de mon désir une langue tendue par l’ivresse du scenario déjà bien avancé dans mon esprit.

Une longue danse des langues et des papilles s’ensuit, faisant grimper mon excitation d’un cran et préparant doucement la sienne. Je lui tends ma joue, mon cou, la naissance de ma poitrine, comme d’habitude. Je raffole de ces baisers déposés plus ou moins farouchement sur ma peau, au creux même de mes points névralgiques. Je lui mets la main au paquet et constate que son sexe se réveille tranquillement. Je lui demande de quelle manière il me prendrait, là de suite. Sa réponse me fait de l’effet. Beaucoup d’effets.

Je glisse une de mes mains sous la couette prendre la température déjà mouillée de mon entrejambe. Je m’efforce de dégrafer son pantalon en même temps, puisqu’après avoir remarqué mon petit manège et ne voulant pas rester sur le bord de la route, il s’est étendu à mes côtés. J’y arrive tant bien que mal (fichu cran de ceinture), je commence à le caresser de la main gauche, tout en introduisant un doigt dans mon intimité de l’autre main.

Je l’entends gémir de temps à autre. Je n’y tiens plus : son érection en plein essor me donne envie de le gober, de le lécher, de le sentir tout contre ma langue, palpitant de désir, gonflant, se raffermissant au contact de mes muqueuses, grandissant encore, gorgé de plaisir partagé. Je peux encore le prendre presque entièrement dans ma bouche lorsque je le laisse aller loin, mais ça ne va pas durer. Je profite de sentir mon menton pouvoir encore toucher la peau de l’aine, tout en lui massant les gonades.

Sa main autoritaire dans mes cheveux, son excitation grandit, sa queue également. Son diamètre emplit copieusement ma bouche et là encore, je regrette de ne pouvoir lui faire part de mes sensations autrement qu’en gémissant. Je lâche ma proie et recommence à le caresser. Je me rallonge, il se pose sur moi, puis me reprend la bouche et se frotte contre mon corps. J’aime cet instant qui précède la pénétration. Les regards qui se défient et s’aiment, le bas des corps qui ondule, en attente, piaffant d’impatience.

Il me prend, doucement, lentement, comme il aime le faire pour entrer en moi. Chaque nouvelle possession a le même goût : celui de l’inattendu et du recommencement. Une sensation que nous partageons et qui nous est chère. Il va et vient en moi aussi facilement que d’habitude, grâce à l’humidité dont je fais systématiquement preuve quand je suis d’humeur sexuelle. Il m’attrape les jambes pour les lever haut et s’enfoncer encore plus en moi. Le sentir buter contre ma peau intérieure me met dans tous mes états. S’échappent un cri de ma gorge et un spasme de mon sexe.

Il redescend mes jambes dans un mouvement souple et précis, puis les replie contre ma poitrine pour y prendre appui de ses mains. La position est puissante. Mon clitoris, mis de cette manière en exposition parfaite, reçoit les frottements de son pelvis et en vibre de plaisir. Les sensations sont fortes, et bien que ma respiration s’amoindrit, je suis proche de la jouissance. Il ralentit la cadence, me laisse libre de baisser mes jambes, ce que je fais avec précaution pour ne pas entamer la charge d’extase accumulée.

Nous sommes collés l’un  à l’autre, échangeons des baisers voluptueux pendant qu’il continue à aller et venir en moi. Je l’enserre grâce à cette position relativement banale mais d’une grande efficacité sur lui comme sur moi. Plus ses mouvements se font amples et profonds, plus je l’entends approcher de la félicité. La peau de son sexe est largement travaillée lorsque nous faisons l’amour ainsi et le sentir se tendre, voir son visage se transformer finit de me transporter.

Je relève mes jambes, les enlace autour de son bassin pendant quelques minutes, lui arrachant un sourire au milieu des soupirs, puis je pose mes mains sur ses fesses, signe que la jouissance approche pour moi. Je prends la main et gère à présent le tempo de notre réunion. Je plie légèrement les genoux pour augmenter l’angle de pénétration afin que ses coups de rein soient encore plus efficaces. L’extase arrive, tourbillonne, prend possession de mes entrailles et le contrôle de mon corps.

J’accompagne ses mouvements du bassin pour encore mieux vivre le point culminant de mon plaisir. Je vibre, râle, griffe, lacère, tend mon cou en arrière comme pour me libérer de son emprise tout en plaquant mes mains contre son cul en l’invitant à maintenir le mouvement. Mon corps se délecte, se cale contre le sien, les derniers soubresauts font trembler mes jambes alors que je profite des ultimes contractions de mon sexe.

Le silence nous enveloppe. Il ne s’arrête pas. Je repousse son torse pour qu’il entre en moi avec force et bruit. Ses mains posées de part et d’autre de ma poitrine, les bras tendus, il fait claquer sa peau contre la mienne, son sexe se décalottant avec vigueur et promesse d’une extase imminente. Mais pas encore, détendue par ma propre jouissance, je prends les commandes. Enfin, pas pour longtemps…

Je me dégage de son étreinte et me retourne pour lui présenter mes fesses. L’envie qu’il plonge en moi sa virilité de manière bestiale, qu’il m’attrape les hanches en y plantant ses ongles tout en me travaillant avec vigueur. Il enfonce sa verge sur toute sa longueur, je râle dans un relâchement d’air qui dure une éternité. Il m’attrape soudain le bras droit, puis le gauche, avec détermination et fermeté. Il me maintient ainsi les poignets croisés pendant quelques instants, s’appuyant dessus, ce qui ne manque pas de réveiller mes instincts de soumise sexuelle et d’augmenter mon excitation déjà sans pareille.

Après plusieurs immersions, je le sens s’immobiliser au fond de moi et attraper quelque chose à côté de lui. J’en profite pour libérer mes seins qui s’étaient retrouvés écrasés par la répétition ardente des mouvements. Tout en gardant les poignets croisés dans le dos. Une douceur m’enlace les doigts, remonte lentement jusqu’à mes avant-bras, puis se tend autour de mes poignets. Il m’attache. Je ne peux me retenir de gémir. J’aime cette idée, j’aime qu’il la réalise, j’aime lui appartenir.

Je le lui dis. Je le lui souffle. J’expire des suppliques d’offrande : qu’il me prenne là, maintenant, tout de suite, qu’il entre en moi, qu’il prenne possession de ce qui est à lui. Il me demande où… Je suffoque, je me consume, qu’il le prenne, ce Graal auquel il tient tant. C’est à lui, je le lui répète à l’envi. Je m’offre corps et âme, je m’offre coeur et cul. Je m’offre… je sens le lubrifiant couler le long de ma raie. Je l’entends appliquer le baume sur son sexe, je frémis, j’appréhende, je m’impatiente, tout à la fois.

Il cherche son chemin, prend ses précautions, arrive tout en douceur. Il commence à pénétrer lentement mon anus, m’ouvrant délicatement malgré le format plus que convenable de sa verge. Je le sens s’enfiler au plus profond de moi, je vis sa progression par chaque cellule de mes chairs ultra vascularisées. Chacun de ses tremblements de plaisir trouve un écho en moi. Je murmure des « oui », des « non », il n’en tient pas compte et il fait bien. J’aime qu’il ne me demande pas mon avis. Je lui appartiens.

Jusqu’à la garde. Maintenant, il va pouvoir disposer de mon cul comme bon lui semble. Et il ne s’en prive pas. Je ne peux me retenir de l’appeler, encore et encore, je suis au bord d’exploser, il m’allume comme un millier de feux de Bengale. Des couleurs passent derrière mes paupières closes, celle que je devine du foulard qui me lie les mains, celle qui s’imposent à moi quand je le sens buter contre mes fesses, celles qui m’annoncent qu’un nouvel orgasme se prépare. Les sensations sont indescriptibles, le plaisir si intense…

Il va venir vite. Je crie, il râle, j’appelle sa jouissance, il soupire. Il me prend si vite, si fort, si délicieusement que j’ai envie que ça ne s’arrête jamais. Ambivalence de le sentir s’abandonner en moi et de maintenir l’instant. Il jouit fort, vibrant le long de mon périnée, poussant des cris étouffés si excitants. Je sens chaque giclée comme si le bout de ma langue était collée à la base de son sexe. Sa jouissance n’est pas la même quand elle arrive dans ma bouche, sur ma main, dans mon sexe ou mon anus.

Cette dernière est animale, puissante, mais aussi délicate et sensitive. Ce que j’apprécie le plus quand il jouit dans mon cul, c’est la manière dont je peux ressentir chaque tressaillement, chaque pulsation, comme si je vivais moi-même l’éjaculation. Il me souffle son amour du bout des lèvres, dans une expiration de béatitude, puis se pose de tout son poids sur moi, ce qui ne manque pas de m’arracher une énième contraction de plaisir. Je sens ses lèvres fraiches se poser dans mon cou. Sa main me dégage le visage, recouvert par mes cheveux longs qui ont valsé pendant notre fougueuse union, puis il me picore de baisers.

Tendresse… Animalité… Fantasme… Soumission… Plaisir partagé…

Extérieur nuit

Le requiem de Mozart est une pure merveille. L’acoustique de la Collégiale dans laquelle se déroule le concert est juste parfaite et les solistes sont très précis. Le ténor m’arrache même quelques larmes… je laisse les notes des cordes et des cuivres me pénétrer comme autant d’amants expérimentés. Lorsque la dernière note retentit, les applaudissements prennent le relais et certaines personnes se lèvent pour saluer les compétences qui nous ont été offertes ce soir.

Il est temps de regagner la voiture. La douceur de la fin d’après-midi a cédé sa place à une fraicheur nocturne revigorante. Nous nous installons dans notre véhicule garé tout près et décidons de nous mettre en quête d’un restaurant japonais repéré plus tôt dans l’après-midi. Nous oublions toutefois que  nous sommes dans une ville de Province. Une ville relativement grande, certes, mais une ville dans laquelle les restaurants ne servent plus après vingt-deux heures.

Qu’à cela ne tienne, un établissement de restauration rapide nous accueillera bien pour nous permettre de nous restaurer. La faim commence à tenailler nos estomacs. C’est sans compter sur la politique horaire locale. Il n’y a que le service en voiture qui fonctionne. Un pique nique improvisé dans la bonne humeur sur un coin de parking nous donne le sourire aux lèvres. Une fois les tiraillements de faim apaisés, il est temps de rentrer dans nos pénates.

La route est un peu longue pour arriver jusqu’à chez nous, il faut compter près d’une heure. La musique, moins classique cette fois, nous accompagne. A la fin de la lecture, je demande à mon compagnon de changer de registre. Il est un peu gauche dans le choix musical ce soir, alors je lui souffle une idée. Ma sélection sera parfaite pour ce que j’envisage de faire. Nous arriverons dans peu de temps, je dois agir vite si je souhaite jouir du moment sans scrupule. Je me souviens alors d’un petit chemin qui sert de parking sur le bord de la route et qui mène à une Chapelle très touristique l’été.

Le virage se dessine, alors je freine énergiquement, dévie de ma trajectoire et surprend mon partenaire, évidemment. Je me gare perpendiculairement à la route principale, coupe les feux et le moteur. Morcheeba continue sa douce mélodie sur le lecteur CD. Interloqué, l’homme qui m’accompagne me regarde attentivement. Je ne peux m’empêcher d’avoir le regard malicieux et le sourire coquin. Que voulez-vous, lorsque des idées grivoises se bousculent dans ma tête, on peut lire en moi comme dans un livre ouvert.

Je me débarrasse de mes mules à talons d’un coup de pied efficace. Elles atterrissent sous les pédales de commande, alors que je recule mon siège d’un geste décidé. Le volume de la musique est parfaitement ajusté, relativement fort pour emplir l’habitacle mais pas encore assez pour couvrir nos voix. Enfin, si nous en avions eu besoin, car je me jette sur sa bouche pour le dévorer de mes lèvres et de ma langue. Je le lèche, l’aspire, le goûte. Je me délecte des saveurs du repas partagé quelques minutes plus tôt en sa compagnie, mais cette fois dans sa bouche à lui.

Ses mains se baladent sur ma poitrine et trouvent rapidement des mamelons à pétrir pour leur plus  grand bonheur. Il a bien sûr rapidement compris ce qui m’avait poussée à m’arrêter. Il prends alors quelques secondes pour abaisser son siège. Parfaitement installé pour une petite gâterie, je me sens presque obligée de répondre immédiatement à l’invitation. Il dégrafe son pantalon après avoir débouclé sa ceinture, puis libère la bête. Celle-là même qui m’a fait saliver toute la journée à son évocation, que j’espère à la minute avoir partout en moi.

Malgré le confort de notre voiture familiale, les mouvements à l’avant restent limités. Heureusement, le sept places ne comporte que six sièges, ce qui nous laisse une belle allée centrale pour nous ébattre à notre aise. Je lui propose alors de s’installer sur le siège du fond, ainsi je peux me mettre à genoux devant lui, et m’occuper de son sexe comme bon me semble. Je l’imagine déjà s’immiscer dans ma bouche, prendre possession de moi en me tenant les cheveux pour cadencer la fellation que je veux divine. Car ce soir, j’ai envie d’une chose par dessus tout : qu’il jouisse dans ma bouche.

Alors je fais ce qu’il faut pour… je le suce, le lèche, l’engloutis. Il bute contre ma gorge, tout en douceur, accentue de ce fait ma salivation dont le surplus qui dégouline de ma bouche quand il en sort nous fait carrément planer. Les phares des voitures qui passent à quelques dizaines de mètres de nous intensifient l’instant. L’idée d’être aperçus, même furtivement, est très excitante. Je tends parfois l’oreille pour constater un ralentissement du moteur, même si aucun voyeur potentiel ne fera demi-tour.

Il fait chaud maintenant, la buée condense sur les vitres. J’abandonne mon haut pour laisser apparaitre mes seins nus. Mon soutien-gorge avait déjà atterri sur le volant au début de nos caresses. Il reprend mes seins en bouche alors que ma main s’active autour de son membre dressé. Il est dur, large et d’une puissance que l’on a envie de tester. Ses baisers se perdent dans mon cou, me font soupirer alors que je n’attends qu’une chose, le reprendre en bouche. Ce que je fais dès que ses lèvres quittent ma peau plus d’une seconde.

S’ensuit une fellation fougueuse, pleine d’énergie contenue et de désir prêt à se déverser. Je bouge ma tête dans un rythme effréné qui lui soutire des gémissements qui me rendent folles. L’entendre au bord de la jouissance me transporte. Alors je continue, tout en lui flattant les bourses de la main, malaxant, massant la région périnéale, remontant le long de sa tige, pour finir par agripper le siège à côté de moi tant le tempo est soutenu. Morcheeba nous accompagne toujours, tantôt gai et exotique, tantôt doux et sensuel.

Mais l’effort est intense et mon plaisir qui s’amplifie m’empêche de me concentrer uniquement sur ma tâche. Je relâche donc la verge qui pilonnait ma bouche en même temps que celle-ci l’avalait et reprends ma respiration. Mon amant profite de cette pause pour glisser sa queue entre mes seins plantureux. Aucun doute, ils forment un fourreau idéal pour son sexe. Il commence alors à effectuer des va-et-vient dynamiques. Son gland apparait parfois, je ne me lasse pas de le lécher à chaque passage. Les lumières des automobilistes continuent à nous balayer de temps à autre nous faisant encore mieux profiter du spectacle. Il baise mes seins, et j’adore ça.

Il le fait si bien qu’il s’apprête à jouir. Il a le réflexe de se retirer de cet écrin de peau féminine pour plaquer ses mains au dessus de ma tête et attirer ma bouche vers sa verge. Je la prends largement, appuyant savamment ma langue contre son frein, plaçant ma main à la base de son sexe pour encore mieux le tenir entre mes lèvres. Je me positionne pour qu’il vienne cogner contre ma gorge, de manière à recevoir sa jouissance au plus près.

Et ça ne tarde pas à arriver… Alors que son gland frotte vigoureusement mes muqueuses les plus sensibles à chaque coup de rein, je sens la chaleur de son jus se répandre directement contre la paroi de ma gorge. Les jets de son orgasme me tapissent l’oesophage et me rendent dingue. Je l’avale sans même avoir le temps de le goûter. Je reste un instant là, comme ça, sa queue bien calée contre ma langue, mon souffle autour de lui, et lui laisse ainsi le temps de reprendre ses esprits.

Je relève mon buste mais reste à genoux devant lui, ma main soutenant ma tête alors que mon coude s’appuie sur le dossier du passager avant, les seins nus, le regard bravache et le sourire conquérant. J’aime le voir épuisé de plaisir, cet instant où ses nerfs ne sont plus rien, où il se laisse totalement aller à la plénitude du moment. Tout autant que le plaisir d’être à l’origine de l’initiative, comme du dénouement. J’aime quand il prend son pied sans penser une seconde à me rendre la pareille (enfin, j’aime à l’imaginer). Un plaisir sans contrainte. Un plaisir puissance mille.

… et si vous voulez naviguer un peu sur la toile, voici un joli hasard…

Plaisir d’écrire

Poser trois mots, puis un frisson. Délier quelques phrases, puis un pantalon.

Retrouver son inspiration, sa respiration, dans un flot de lettres et d’émotions.

Lécher ses doigts levés du clavier, le regard droit planté dans le sien.

Reprendre le cours de son écrit, rester concentrée.

Sentir un souffle sur la nuque, laisser la brise porter les idées.

Se délecter d’une langue pointue qui fourmille de désir à peine caché.

Eteindre la lumière de l’écran, fermer les yeux et offrir son sein.

Aspirer le membre à portée, dans un soupir lent et profond.

Laisser libre cours, libre envie, folle envie, à son imagination.

Mes jouets et moi (2)

J’aime jouer. Non, c’est plus que ça. C’est comme un appétit maladif. Plus je joue, plus j’ai envie de jouer, et de grimper des niveaux (et aux rideaux, mais c’est une autre histoire). C’est comme le sexe en fait. Plus je le fais, plus j’en veux, et pas qu’en fréquence. Alors quand le complice de mes nuits m’a proposé de faire un tour dans la « boutique pour adultes » qui s’offrait à nous, je n’ai pas hésité une seconde (en fait, je crois même que c’est moi qui ai poussé la porte alors que nous ne faisions que regarder les vitrines).

On a fait le tour du magasin dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, prenant le temps de regarder les huiles de massage, les jeux idiots et tenues de fantasmes. On est passés devant les bougies et articles de lingerie à manger, quand une exposition sur différents instruments de plaisir a attiré notre attention. C’est de cette manière que nous avons appris des choses intéressantes, peu que nous ne connaissions pas à vrai dire, mais je dois bien avouer que le Ginette et le plug anal masculin étaient des nouveautés pour mes yeux.

Proches de la sortie, nous sommes tombés nez à nez avec ce qui allait devenir notre nouveau jouet. Les boules de geisha. Différents modèles, différentes teintes, mon compagnon de jeu m’a rapidement demandée de choisir les miennes, après s’être assuré que ce genre d’instruments pouvait m’intéresser (cette question !). J’ai immédiatement porté mon choix sur une paire bicolore girly total fashion (oui, voilà, vous l’aurez deviné, il y a du rose et du fushia dans l’histoire). L’idée n’était pas forcément de les utiliser tout de suite. Au départ.

Une programmation culturelle prévue plus tard dans la soirée nous confinait dans le quartier tout en  nous laissant quelque temps libre devant nous. Remplis de nos ébats du matin, nos estomacs, eux, n’avaient pas vu l’ombre d’un aliment depuis le brunch que l’horaire tardif de notre sortie de chambre nous avait imposé. Nous avons donc décidé de grignoter quelque chose en attendant notre rendez-vous théâtral. Je me suis laissée trainer dans une crêperie déjà connue de l’homme, et aux produits délicieux, il faut bien l’admettre, ainsi que des toilettes accueillantes, tout au moins pour ce que j’y suis descendue faire.

Profitant subtilement de l’absence de mon amant dans ces mêmes lieux, j’ai fébrilement plongé la main dans le petit sac en papier blanc, déchiré l’emballage des boules tant convoitées et les ai glissées dans la poche de ma chemise… prétextant l’envie pressante classique, je suis partie me remplir de ces mystérieuses boules de plastique, après les avoir nettoyées à l’eau savonneuse (ne négligeons pas l’hygiène tout de même… (sourire) ). Tellement excitée à l’idée de les introduire, de les porter et de ressentir la nouveauté, elles ont littéralement plongé en moi.

Je suis remontée le rose aux joues, prise d’une bouffée de chaleur (les vraies, celles qui vous donnent le feu au fesses) à défaut d’autre chose, alors que mon partenaire avait déjà deviné et vérifié ce que j’étais partie faire, en ouvrant le fameux paquet blanc. « Tout s’est bien passé ? ». Je ne pouvais répondre que par l’affirmative et nos sourires et regards complices se sont éternisés un peu plus que de raison. Après avoir réglé l’addition, direction le quartier de destination.

Je vais vous confier un secret : les boules de geisha, c’est carrément incroyable. Au début, elles étaient placées un peu bas. Au fur et à mesure de mes pas, elles se sont engagées plus profondément, trouvant leur place comme… naturellement. Leur cliquetis intérieur à chaque mouvement cadencé, la sensation d’être prise sans interruption, légèrement et pleinement à la fois. La lourdeur à la montée des marches, la stimulation à la descente. De nouvelles sensations, complètement folles et affolantes. J’ai passé plusieurs heures à les découvrir une à une.

Une fois arrivés dans la salle de spectacle, nous avons disposé les manteaux de manière à pouvoir nous  caresser sans choquer notre voisinage (oui, il nous arrive d’être pudiques, si tant est que nous ne soyons pas dans un cinéma ou un jardin public du Sud…). Et là, aux premiers traits d’humour des comédiens, j’ai découvert une saveur supplémentaire à ce gadget si connu. Le rire amplifie tout, et je vous assure que dans ces circonstances  aussi. Le regard mi-amusé mi-concupiscent de mon compagnon me donnait des envies de lui tordre le cou tout autant que celles de le prendre immédiatement. Après quelques baisers mouillés et profonds pendant l’entracte, j’ai vainement tenté de contenir les flux qui se succédaient.

A la fin de la représentation, direction le restaurant. Pendant tout le chemin, mon amant était excité comme jamais, tantôt me lorgnant du coin de l’oeil, tantôt m’arrêtant brusquement pour plonger sa langue dans ma bouche. Je le sentais frustré de ne pas pouvoir vérifier immédiatement les effets produits par notre nouvelle acquisition et malgré la patience qui le caractérise la plupart du temps, je le sentais fébrile à l’idée de rentrer jouer avec moi. La chaleur intérieure s’était diffusée dans tout mon corps, jusqu’à mes joues qui étaient devenues cramoisies.  J’avais alors l’impression que tout le monde pouvait lire le désir dans mes yeux fièvreux, dans le regard gourmand de mon partenaire, dans les gestes sans équivoques : ma main sur son sexe, par dessus son jean, son pied sur mon entrejambe, sous la nappe…

Il était temps de rentrer. Les vibrations du métro sont diaboliquement efficaces dans ces conditions. J’étais tout de même soulagée d’arriver, la surstimulation étant épuisante. Je ne me souviens plus si l’épisode « cage d’escalier » s’est déroulé ce soir-là… peu importe, j’y reviendrai une autre fois. Une fois installés dans son appartement, nous sommes passés aux choses sérieuses, à même la moquette de sa chambre. Encore vêtue de mon haut, mes jambes libérées de leur prison de tissu, mon sexe à l’air libre, les jambes écartées devant lui, je me suis offerte.

Mon compagnon a d’abord joué avec le cordon, faisant tourner les boules dans mon intimité, doucement, lentement. Le sentir gérer les mouvements de ce qui me stimulait librement depuis la fin d’après-midi a fait grimper mon niveau d’excitation. Je sentais ses doigts s’emmêler dans le fil et mes poils à la fois, glissant, tournant, louvoyant. Il les a tout d’abord enfoncées davantage, puis les a fait descendre précautionneusement. Les bruits de succion qu’ont fait chaque boule en sortant relevaient de l’excitation la plus brute. Mais ce n’était rien à côté de l’image de mon amant en train de lécher les boules de geisha, ses yeux plantés dans les miens. Je l’ai dévoré à pleine bouche… et autrement.

Je les ai remises de temps à autre, accompagnée ou non, pour avoir des sensations, jouer avec mon corps.. ou avec une webcam. Elles font partie de mon attirail, que j ‘espère enrichir encore et toujours, et pas seulement pour le plaisir de vous abreuver de nouvelles histoires à mouiller debout…

Bas de soie

C’est une plume de soie, magie couleur beige, qu’elle effleure délicatement du bout des doigts. Debout devant la boîte plutôt chic posée sur son lit, blanche avec un liseré doré dont elle vient d’enlever le couvercle, Marie porte la main à son menton et s’interroge. Quelle robe ira avec ces petits bijoux ? Ses pensées filent vers la petite indispensable rouge qui l’accompagne aux grandes occasions. Mais avant de réfléchir à ce qui terminera sa toilette, la jeune femme décide de commencer à composer sa tenue à partir d’un tableau vierge, et enlève le peignoir qu’elle avait ceint après sa longue douche chaude.

Entièrement nue, Marie s’approche de la commode de la chambre et ouvre le tiroir du haut. Elle plonge sa main au cœur de l’amas de lingerie ainsi exposé, à la recherche évidente d’un dessous bien précis. L’œil plissé et un sourire mutin aux lèvres, elle brandit, victorieuse, un porte-jarretelle couleur pêche à son reflet dans le miroir qui lui fait face. Elle regarde la courbure de ses petits seins, en fait le tour de sa main libre et finit par refermer le tiroir. Pas de soutien-gorge ce soir, ni de culotte. Le petit mot qui accompagnait la livraison de la divine boîte n’indiquait-il pas « viens comme tu es, libre comme l’air » ?

Jouant avec l’élasticité du porte-jarretelle, se dandinant au son d’une musique des années 30 qu’elle est la seule à entendre, la jeune femme retourne vers son lit pour admirer de nouveau la soie discrète, pareille à une fleur charnue au creux de son écrin d’un blanc optique. Marie saisit délicatement la soie avec deux doigts en pince, précautionneuse, et la soulève dans les airs afin d’en admirer toute la douceur. Un voile transparent, à peine habité de reflets scintillants, flotte à la brise légère qui entre par la fenêtre entrouverte. Un filet de lumière palpable danse devant ses yeux. Mille scenarii se déroulent à cet instant dans son esprit de luxure.

Une envie irrésistible étreint Marie à cette seconde. Assise contre la tête de son lit, elle allonge ses jambes devant elle et fait glisser le bas de soie le long de son mollet droit, vers le genou, jusqu’à la cuisse. Cette caresse encore plus légère qu’un souffle lui donne immédiatement la chair de poule. C’est pétrie de frissons de bien-être qu’elle termine de s’étendre pour continuer le parcours du bas aérien sur le reste de son corps. Elle promène le tissu fluide contre sa joue, sur ses yeux clos, le sommet de ses lèvres et d’une main assurée, colle le bas de soie sur son sexe humidifié, autant par sa nudité que par l’expérience charnelle qu’elle est en train de vivre.

Elle se branle lentement, ayant décidé de s’arrêter qu’une fois la sensation de mouillé sur ses doigts bien réelle, ce qui l’excite encore plus et rend son entrejambe plus accueillante. Ses fluides ne tardent pas à recouler doucement jusqu’à imbiber parfaitement le bas mis en contact. Elle enfile un doigt entre ses lèvres irriguées, doigt ganté de cette soie que Marie perçoit si douce contre ses chairs, si évidente à cet endroit finalement et pratiquement en elle à présent. Elle pousse l’étoffe du majeur, lentement, par va-et-vient, joue en tirant, tournant, enfonçant le tissu. Elle veut y laisser son empreinte, elle désire ardemment voir son regard s’allumer d’une étincelle tout à l’heure, lorsqu’il reconnaîtra les effluves. Alors elle ne lésine pas.

Envahie par une excitation qui ne cesse de grandir, Marie tire le bas d’un coup sec et gémit de la sensation que la soie lui donne en frottant sa vulve. Elle le porte à son nez et hume l’odeur de pomme qu’elle connaît si bien. Le tissu est humide, plein de ses sucs. Mission accomplie. Elle se redresse et commence à enfiler l’objet autour de son pied droit. La soie est si douce, c’est un plaisir de la laisser épouser les formes de sa jambe, malgré le contact singulier de la partie trempée par son intimité. Elle passe sa main sur sa cuisse ainsi gainée et se félicite de son choix de lingerie. Inutile de voler la vedette à de tels trésors. Il ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Son cadeau pour leur soirée anniversaire est juste parfait. Pas loin de la jolie culotte, en dentelle ouvragée main, offerte il y a une paire d’années.

Le bas avachi au-dessus de son genou, Marie tend le bras pour attraper le porte-jarretelle et se remet debout pour le fixer. Une fois bien mis en place, elle prend le temps d’observer l’harmonie du coloris pêche avec la couleur de sa peau, faisant ressortir les dizaines de grains de beauté, aux tailles et formes si différentes, qui constellent son épiderme depuis son enfance. Elle reprend la soie en main et commence à fixer le bas. Tout se fait si facilement, comme si les deux éléments de lingerie s’étaient toujours connus, comme s’ils savaient ce qui se passerait ensuite, plus tard dans la soirée. Le deuxième bas en place, Marie se sent plus sexy que jamais. Elle se rend devant la psyché dans le coin de la chambre et admire le résultat de son choix. Juste parfait. Simple et délicat.

Après un rapide coup d’œil dans la penderie, c’est bien la petite robe rouge coquelicot qu’elle enfile. Il l’aime dedans, et elle se sent si bien dans cette coupe que l’on dirait ajustée uniquement pour elle. Marie regarde en bas de l’armoire pour y dénicher les chaussures qui finiront la tenue avec brio. Des escarpins à talons ouverts, puisque les bas sans couture aux pieds lui permettent ce luxe, serait l’idéal. Une jolie paire d’un doré chaud, très doux, lui tape immédiatement dans l’oeil. De retour sur le lit, elle prend le temps de les enfiler afin de ne pas créer d’accrocs dans la soie de ses bas. Un dernier coup d’œil au miroir pour vérifier que l’ensemble est agréable. La longueur de la robe paraît étudiée pour. Elle virevolte, fait tournoyer le jupon de sa robe devant la glace. Elle se sent femme, elle se sent belle, elle se sent bien.

Un coup d’œil au réveil lui rappelle qu’il ne faut pas traîner si elle ne veut pas battre son record de retard. En se rendant dans la salle de bains pour les derniers détails, maquillage et ajustement des mèches folles, Marie se rend compte qu’elle ne marche pas de la même manière, depuis qu’elle a enfilé les bas de soie. Plus félins, plus sensuels… ses pas deviennent sauvages. Elle rit intérieurement à cette idée, qu’elle trouve aussi farfelue que juste. Un trait d’eye-liner sur chaque paupière supérieure, de khôl sur les inférieures, un soupçon de mascara et le rouge aux lèvres qu’elle a l’habitude d’utiliser lorsqu’ils sortent le soir, rehaussant son teint de rousse.

Le trajet est court jusqu’au restaurant où ils fêtent, à plusieurs reprises dans l’année, les anniversaires de leurs premières fois. Le premier effleurement de leurs lèvres en sortant dudit restaurant, lors de leur premier rendez-vous. La première bouche de Marie sur son sexe dressé, alors qu’il avait fait des pieds et des mains pour la rejoindre dans les toilettes des femmes, dans ce même restaurant, plutôt chic au demeurant. Ses premiers doigts en elle, qui ont suivi cette électrique expérience. Leur première fois, dans la voiture, au fond du parking, lorsque tout le monde avait déserté les lieux et après de longues dizaines de minutes de baisers passionnés. La première fois dans le cul de Marie, elle épousant à la perfection le dossier de la banquette arrière de la spacieuse voiture, encore garée sur le parking vide de tout client et employé, lui la pénétrant doucement et avec préméditation puisqu’il avait tout ce qu’il fallait à portée de main et que tout se passe au mieux.

Depuis neuf ans qu’ils se connaissent, ils forment un couple qui ne cohabite pas sous le même toit préservant ainsi, dans leur philosophie de la vie à deux, un amour sans creux ni pause. Est-ce pour cette raison qu’ils avaient vécu de manière considérée ou non, toutes leurs premières fois à l’extérieur ? Même la naissance de leur unique fille, quand elle y pense alors qu’elle manoeuvre pour garer son véhicule, s’est déroulée sur une plage italienne alors qu’elle espérait avoir encore quelques semaines devant elle. Et après ces neufs ans, toujours cette petite étincelle d’inquiétude, ce petit stress positif du « est-ce que je vais lui plaire ? » Délicieuse sensation que de séduire quotidiennement son homme, de lui offrir un regard nouveau à chaque rencontre, de lui donner un amour qui se ressource sans cesse, sans effort.

Marie s’approche de la devanture dans cette douce soirée d’été qui lui permet d’observer son reflet en un éclair. Elle se plaît, elle lui plaira. Elle entre, le maître d’hôtel se fend d’un sourire chaleureux pour l’habituée qu’il accueille. Il est là, assis à leur table, à gauche dans le fond de la salle, confortablement installé sur la banquette, les bras en épousant le dossier. Il la regarde de la tête au pied, alors qu’elle avance doucement, d’un pas assuré de panthère en chasse. Il sourit de la manière qui la fait fondre : prédateur et désireux à la fois. Il l’enveloppe de son regard, elle devient l’objet de ses convoitises, elle le sent et elle aime ça. Il se lève lorsqu’elle n’est plus qu’à quelques pas de la table et se déplace pour la serrer dans ses bras.

Il se colle à elle, plongeant un nez connaisseur dans les cheveux qui lui effleurent le bas visage. Marie pose sa tête contre l’épaule de son homme et profite du moment. Cet instant de reconnaissance qui installe la magie de leurs rencontres. Il fait glisser ses mains le long des flancs de la jeune femme, va jusqu’à caresser ses fesses, revient sur les côtés des cuisses, palpant avec ferveur afin de sentir le haut des bas retenu par les attaches du porte-jarretelle. Il lui souffle un « tu es si jolie » à l’oreille, lui faisant dresser les poils de la nuque. Il tire la chaise et l’invite à s’asseoir. Marie répond alors « non » de la tête et lui prend la main, un sourire concupiscent aux lèvres. Elle l’entraîne dans les toilettes des femmes. A cette heure de la soirée, elle sait qu’elle ne rencontrera personne. Ils sont quasiment seuls dans la salle.

Une fois la porte refermée, elle se dirige vers l’une des cabines spacieuses en entraînant son homme derrière elle. Le loquet baissé, elle appuie de ses deux mains sur les hautes épaules afin de le faire s’agenouiller devant elle. Il est surpris, car c’est lui qui mène la danse habituellement, mais se laisse faire, curieux de découvrir la suite. Ses yeux plantés dans les siens, Marie relève tout doucement sa robe, dévoilant ainsi, centimètre par centimètre, la soie galbant ses cuisses, son sexe libre de toute geôle de tissu, le porte-jarretelle fruité choisi pour l’occasion. Il passe de ce spectacle vivant au regard de sa douce de manière quasi-frénétique. Il savait qu’elle porterait les bas offerts, qu’elle les porterait avec grâce et sensualité, mais cette mise en scène le comblait. Avec un petit rire, elle lui souffle dans un murmure que ce n’est pas tout, qu’il doit approcher son visage de sa jambe droite.

Il s’exécute, se courbant pour poser ses lèvres sur le genou gainé de soie, déposant des coups de langues en remontant le long de la cuisse et d’un seul coup, s’arrête dans une longue inspiration. Il recommence, reniflant le tissu léger, se délectant des odeurs qu’il parvient à capter. Il lève un regard implorant vers Marie, avec un gémissement qu’elle trouve aussi sexy qu’attendrissant. Elle s’émerveille qu’après tant d’années de sexe débridé, il s’émeuve toujours avec autant de passion de ce qui émane d’elle, ses senteurs, ses eaux, ses sons. Il écrase son nez contre la cuisse patiente, il semble sur le point de la dévorer sur place. Elle lui attrape la tête et la colle contre son sexe qui a déjà commencé à ruisseler. Elle lui ordonne de la lécher. Il s’agrippe comme il peut aux revers des bas de soie, glissant ses doigts pour ne perdre aucune mienne de la peau nue de Marie et du tissu si chargé d’ondes lubriques.

Il la fouille de la langue, avec fougue, une des jambes de Marie bien calé sur l’épaule qui lui fait face, la faisant gémir tout bas, quand deux voix de femmes en train de rire se font entendre. Les regards amusés des amants se croisent. Ils font une pause le temps d’entendre les deux femmes faire leurs petites affaires puis recommencent de plus belle une fois seuls. Elle ne tarde pas à venir, sa langue audacieuse et expérimentée sachant pertinemment quoi faire, où le faire et surtout, quand le faire. Elle jouit dans sa bouche, comme il attend qu’elle s’abandonne, le souffle coupé, avec eau abondante et contractions des jambes. Il la boit littéralement. Les deux mains de Marie encore fermement accrochées dans ses cheveux, il recule son visage afin d’admirer le spectacle. Les bas encore sagement en place, le porte-jarretelle qui finit le tableau dont le héros, ce con si goûteux, tient le centre de la scène. Il marque cette image afin d’y revenir à plusieurs reprises durant le repas, et certainement, les semaines et années qui suivront.

C’est main dans la main, lui repu de son odeur, elle de l’effet qu’elle a su orchestrer, qu’ils reviennent à leur table, sous l’œil discret mais amusé du maître d’hôtel. Ce dernier passe prendre commande et un long silence de regards taquins s’installe. Marie sursaute légèrement : un pied essaie de se frayer un chemin entre ses cuisses. Elle ne l’a même pas vu se déchausser. Encore humide de son expérience dans les toilettes, elle écarte à peine les jambes, afin qu’il ait un peu à forcer s’il veut atteindre son but. Le coton de la chaussette contre la soie des bas donne des sensations étranges. Il n’en fallait pas plus pour que le compétiteur entre en lice. Le champagne arrive et alors qu’elle est toute aux remerciements des bons soins du sommelier, il conquiert la place en fourbe. Et dire que la soirée ne fait que commencer…