Lettre à Maud (3)

(…)

Oui, Maud, je ne veux pas me cacher de ce que j’aime. Par cette lettre vous me découvrez, un peu fou, très, trop peut-être ? Par cette lettre, je m’offre à vous sans ombre. Vous prendrez peur sans doute. Mais j’en ai marre de garder pour moi ce qui me touche, je veux rendre et dire ce qui me touche. Maud, vous me touchez. Vous m’avez touché lorsque vous avez choisi de vous installer en face de moi, cela n’était sans doute qu’un hasard, mais je l’espérais tant que mon cœur a fait un bond et mon visage neutre a dû rayonner d’un vaste sourire. Et notre discussion qui ne concernait que nous.

Les autres parlaient de travail, nous participions peu à la conversation, nous faisions quelques grimaces entendues pour protester ou souligner la parole de l’un ou de l’autre. Connivence simple, naturelle. Maud, voilà plusieurs semaines que nous nous écrivons, toujours au sujet du travail, pourtant il y a toujours un échange sur nos vies respectives, sur ce que nous sommes. Nous avons conservé cette simplicité et j’ai envie de vous confier ce désir irrépressible d’être avec vous.

J’y pense fréquemment. J’espère vos messages. J’espère aussi étonnamment vos silences car je sais que même s’ils peuvent être longs, ils seront un jour rompus par vos mots, et que ces mots je les accueillerai toujours avec espoir. Hier, nous avons fait notre réunion Skype et votre débardeur m’offrait un merveilleux décolleté. Je me suis retenu de vous demander de sortir vos seins de votre débardeur, de les caresser, de me montrer comment vous les caresseriez si vous étiez seule chez vous.

Il y avait un miroir sur le côté de votre étagère et je vous ai imaginé un gode de belle taille fiché dans votre cul démoniaque, un autre enfoui dans votre chatte baveuse, vous sur votre lit, au dessus de votre miroir, vous baisant dans un rodéo endiablé. Maud, cela ne vous étonnera pas, mais je jouis de vous depuis des semaines. Certaines nuits me conduisent à jouir dans mes rêves et de constater dans un demi sommeil que mon éjaculation était bien réelle.

Maud, tout chez vous me donne envie de vous baiser, de vous aimer, de vous attendrir, de prendre soin de vous, de vous malmener, de vous prendre. Tout chez vous me donne envie de me laisser aller, de m’offrir à vous, que vous me baisiez aussi, profondément. Je me suis pris hier soir sous la douche. J’ai regardé des vidéos de femmes enculant des hommes et je me suis vu sous vos assauts.

Votre bassin qui imprimait un rythme doux, qui venait me chercher dans les profondeurs, alors j’ai cherché un objet capable de me donner se plaisir et vous m’avez pris, en douceur, chaque entrée nouvelle venait m’ouvrir plus profondément encore. C’était tendre et fou, beau et décadent. Tout chez vous me fait osciller entre animalité débridée et tendresse infinie.

(…)

Pourquoi l’air ambiant était-il si chaud ce soir-là ? Pourquoi les phrases que l’on m’adressait ne s’imprimaient pas dans mon esprit ? Pourquoi devais-je repousser sans cesse cette image de moi assise sur le bord du plan-vasque des toilettes, le pantalon au sol, votre tête entre mes jambes et moi qui râle, râle…  alors que vous me parliez de choses et d’autres, mais surtout de « choses ». Etait-ce de la télépathie ? Votre propre envie que je percevais en moi ce soir-là ? Notre correspondance dans les jours qui ont suivi, rafraîchissante, prometteuse, m’a amenée sur un chemin bien agréable, celui de la découverte d’un homme simple, aux goûts éclectiques dans de nombreux domaines, et doté d’une curiosité sans bornes, qui m’a fait peur autant qu’elle m’a séduite.
Nos séances de travail qui se suivent sans jamais se ressembler nous donnent des occasions de nous offrir mutuellement des petites attentions, je m’en rends bien compte. Je sais aujourd’hui que vous n’avez pas mis votre chemise jade aux revers fleuris, les boutons du haut négligemment défaits, par hasard. Comme j’ai porté ce débardeur marine pour offrir à vos yeux gourmands une vue plongeante sur une partie de mon anatomie que vous semblez fort apprécier.
Comment vous décrire mon état lorsque nous échangeons ses regards qui sont tout sauf professionnels lorsque nous travaillons ensemble à distance ? Comment vous expliquer que mon intimité est complètement à vous dans ces moments-là, palpitant au rythme de vos mots, en accord avec vos mouvements. Comment vous aidez à imaginer la sensation de noyade que vos doigts vous donneraient immédiatement si vous veniez vous aventurer par là ?
Mon con vous goberait tout cru, se contracterait sur vos phalanges, pendant que je laisserais mes mains vagabonder sur votre corps, haletante de désir et de plaisir, vote bouche goûtant la peau de mon cou. J’aurais des envies de possession comme d’abandon, des envies de vous surprendre comme de vous obéir… Dites-moi, demandez-moi, ordonnez-moi, je suis à vous…

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