Mes jouets et moi (3)

Mon ami habite Paris (que de doux souvenirs), et nous avons pour habitude de nous promener dans quelques quartiers précis de la capitale, en appréciant les échoppes et ambiances diverses. Il y a notamment un quartier qui nous mène systématiquement dans une boutique des plus alléchantes, Le Passage du Désir.

Nous aimons y flâner, scruter chaque objet, nous émouvoir des scenarii qu’ils peuvent nous offrir, nous consterner devant des produits dont l’utilisation est vraiment, à nos yeux, tirée par les cheveux, sourire et nous amuser de l’objectif de certains, nous laisser tenter par quelques uns d’entre eux, comme ce soir-là, un oeuf vibrant télécommandé.

Si je ne suis pas adepte de la soumission dans toute sa profondeur, j’aime toutefois ressentir cette piquante excitation qui est celle qui m’envahit lorsque je m’abandonne à ses désirs, à ses fantasmes, à ses exigences. L’oeuf s’est donc imposé à nous tout naturellement. Une oeillade coquine et complice et l’objet de notre convoitise se trouve dans notre panier d’achat. Un petit tour par la galerie des sextoys plus tard, l’oeuf est nôtre, après en avoir payé le prix.

Je suis pressée, j’ai envie de l’essayer dans la foulée. Mais nous prenons le temps d’étudier la chose en détail. Une fois rentrés à son appartement, nous étudions les différentes possibilités de vibrations, la forme et la matière, légèrement oblongue pour l’une et extrêmement douce pour l’autre, ainsi que les occasions de l’utiliser. Un cinéma et un bon restaurant s’annoncent justement peu de temps après…

Le soir prévu, juste avant de partir, je baisse ma culotte, hésite une seconde avant de choisir de le laisser faire. A demi-allongée sur la chauffeuse du salon, j’écarte les jambes devant son nez, le laissant contempler à loisir le chemin à emprunter. Ses yeux dans les miens, il commence à introduire  l’oeuf avec précaution, lequel n’a aucunement besoin d’être lubrifié avant, mon intimité s’en chargeant parfaitement. Une fois bien installé, une vérification s’impose. L’objet fonctionne à merveille.

Je me rhabille et direction le cinéma. L’idée même d’être doucement à sa merci me rend moite. Autant dire que l’absence d’humidité qui aurait pu être le seul frein à ce genre de jeux ne nous pose aucun problème. Je le regarde avec une flamme constante dans les yeux, l’envie qu’il me prenne, là, sur le trottoir, sur la banquette du métro, au milieu de la file d’attente pour la séance, sur le velours rouge des sièges du cinéma. Envie d’être sienne, rapidement, pour combler la chaleur qu’il ne manque pas d’attiser à chaque  vibration surprise.

Il s’amuse, l’air mutin, à varier le rythme des stimulations, me provoquant hoquet et sursaut parfois, toujours un sourire mordillé, des yeux presque mi-clos. J’apprends à maitriser les sensations, pour ne pas passer pour une vraie folle aux yeux des passants, mais la totalité, c’est impossible. Les vibrations vont tellement loin, parcourant les terminaisons nerveuses si nombreuses dans mes chairs intimes, utilisant l’intégralité de mon sexe comme terrain de jeu.

J’arrive tant bien que mal à suivre le film, il a la galanterie de se contenter de réveiller le feu qu’à deux ou trois reprises. Ma main sur son pantalon, je me  garde bien de ne pas lui rendre pareille, enfin, tout au moins avec les moyens dont je dispose. Seulement, lui masser l’entrejambe n’est rien comparé à la chaleur qu’il fait monter en moi. Je finis par tenter de reprendre le contrôle, mes gémissements devenant de plus en plus sonores. En vain.

J’aime son sourire quand il est spectateur et acteur de mon excitation sexuelle. Un sourire enivrant, prometteur des pires rapprochements, mais nous avons encore un diner à honorer. Il me propose de rentrer directement. Je soupèse mentalement le plat qui m’attend et le corps à corps qui s’annonce. Estimant que le second aura quoi qu’il arrive lieu, notre prochaine destination sera le restaurant.

Il y a une touche d’humour dans cette expérience. L’oeuf n’en fait qu’à sa tête… il est de temps en temps impossible de l’arrêter. Mon regard toujours de braise se fait faussement suppliant dans ces moments-là et amuse grandement mon partenaire. C’est au restaurant que nous vivons le plus haut de son impudence. Grisée par le cocktail maison, je ne retiens plus aucun son de ma bouche, ni n’en contrôle le volume. Il finit par réussir à arrêter les vibrations avant que les clients ne se retournent tous sur moi. Nous ferons le remake non simulé de Meg Ryan une autre fois…

Sur le chemin du retour, il essaie à nouveau, cela fonctionne, la plupart du temps, et sinon, la durée des vibrations me met dans un tel état que je le prends à pleine bouche, l’un et l’autre accrochés à l’une des barres verticales de la rame. J’attrape sa main libre, pour lui faire toucher la naissance de ma poitrine sur mon décolleté. Il est tard, peu de monde alentours, je lui presse sa main contre mon sein tout en esquissant des gestes de moins en moins discrets sur le gonflement de son pantalon.

Nous arrivons enfin au pied de son immeuble, la délivrance est proche. Non pas celle de l’oeuf qui sortira de son cocon moite et brûlant, mais celle de mon désir qui ne cesse d’enfler depuis plusieurs heures. Je suis dans un état d’excitation proche de la furie sexuelle, je m’agrippe à son col quand je lui fourre ma langue dans la bouche, juste avant le sas d’entrée, me hisse sur la pointe des pieds, manque de planter mes ongles dans la peau tendre de son cou. Il me retient les mains et ouvre finalement la porte.

Le temps de monter les escaliers est mis à profit, ses mains sur mes fesses, son index dessinant des allers et retours sur ma fente encore couverte de tissu, je ne suis plus que braise. Je l’arrête à maintes reprises sur les marches pour me presser contre lui, onduler mon corps contre le sien. D’autorité, il me recentre sur notre destination, mais je continue à trépigner devant la porte de son appartement. Il ouvre enfin. Je n’attends pas d’être dans le salon, la porte encore ouverte, je le déshabille dans le couloir. Son pantalon à baisser, son boxer, alors qu’il enlève comme il peut ses chaussures et chaussettes. Je déboutonne sa chemise, il enlève mon haut, je lèche la peau de sa poitrine, il sort un de mes seins de sa prison de tissu…

Publicités

17 réflexions sur “Mes jouets et moi (3)

  1. Rien qu’à lire ces vibrants préliminaires, cejouet semble avoir été un bon investissement !
    Je me suis amusé à vous imaginer ensemble déballer l’engin, l’un lisant le mode d’emploi pendant que l’autre mettait les piles.
    J’attends la suite avec une impatience non dissimulé …

  2. Et bien…
    Que d’émotions pour un si petit objet!
    Comme quoi c’est pas toujours le volume qui compte, et vaut mieux un petit vibrato, qu’un gros ramollo….hohoho
    Après un tel traitemet, l’attente est devenue insoutenable, vite, vite….
    Baisers

  3. Qu’est ce qui pousse un homme à « torturer » ainsi sa belle, à lui donner ce plaisir par procuration tout en étant le seul maître de la situation ? La frustration de ne pas avoir lui même un jouet à soi ?

  4. Gloups.

    Nous en avons acheté un il y a quelques temps. de mauvaises qualités, nous ne l’avons testé qu’une fois.

    Si le tien te satisfait, pourrais tu nous donner les references?
    Nous investirons peut etre dedans.

    Laume

  5. c’est un instrument magique , que dire de son usage pendant un cuni ! une absolue torture

    pour un restaurant je vous aurais conseillé le restaurant au noir , on mange dans le noir absolue , noir+oeuf+ XXX imaginez …

  6. Hum… je n’ai jamais expérimenté l’oeuf mais ton récit donne très envie (sauf quand l’oeuf n’en fait qu’à sa tête…)
    Bises de papillon

    ps : question : ça fait pas de bruit ??

  7. Terrible ma chere que cette oeuf.
    L’idée même de controler une part du plaisir de sa partenaire ou amante a quelque chose de délicieusement pervers et sensuel !

  8. Avec ma compagne, nous avons expérimenté des choses vibrantes et pénétrantes avec des résultats inégaux, de l’indifférence polie à l’orgasme en flèche, selon les joujoux et selon les moments. Mais nous en sommes restés à un usage manuel « de proximité » permettant les épousailles jouissives du vibro, de la main et de la bouche. Ce que tu racontes là est très émoustillant, mais il ne faut pas avoir froid aux yeux (entre autres 🙂 pour un usage en public…
    C’est très tentant, mais qu’en dira-t-elle ? On verra ça dès ce soir : je lui fais une proposition indécente en lui disant que tu en es responsable…

  9. Une version du déclic de Manara; l’idée de commander le plaisir d’une femme au ‘doigt’ plus qu’à l’oeil.
    J’ai toujours entretenu un rapport compliqué avec ces oeufs vibrants, ils ont très vite tendance à se casser me portant au comble de la frustration.
    A ce propos, je ne sais plus qui disait qu’on ne « faisait pas de levrette sans casser des oeufs… » 😉

  10. Je suis également curieux de savoir quel est le niveau du bruit occasionné par ce joujou.

    Quant au passage du désir, il y en a deux sur Paris : vous auriez pu nous dire lequel vous fréquentiez, que l’on organise un guet !

  11. Philo, le produit de votre imagination n’est pas loin de la réalité !

    Miss Anis, je ne sais pas si j’écrirai une suite à cet article… mais un autre tout aussi voluptueux, sans aucun doute.

    John, laissez moi réfléchir… l’amour ? l’envie ? l’appétit sexuel ? les trois à la fois ?

    Palaume, attention, voici notre première expérience, mais je ne parle pas des suivantes pendant lesquelles les piles nous ont laissés désappointés…

    Waid, je note l’astuce ! Pour le restaurant, je ne sais pas encore…

    VéroPapillon, même quand il n’en fait qu’à sa tête, c’est assez délicieux… c’est relativement bruyant, mais que ce soit au cinéma, dans les transports ou au restaurant, les bruits ambiants couvrent parfaitement celui de l’objet en lui même.

    Homéo, il ne faut plus hésiter !

    X-Addict, pervers, sensuel, brute et doux à la fois… du plaisir…

    M, alors alors ? du nouveau ?

    FLOW, tiens, je n’avais pas pensé au Declic, mais oui, c’est un peu ça, en consenti et moins glauque toutefois…

    502, cela aurait été trop facile ! Et pour l’oeuf, expérimentez donc !

    Peter pan, merci ! Et revenez quand vous le voudrez…

    …, …

    Jacques, et dites je le jure ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s