Extérieur nuit

Le requiem de Mozart est une pure merveille. L’acoustique de la Collégiale dans laquelle se déroule le concert est juste parfaite et les solistes sont très précis. Le ténor m’arrache même quelques larmes… je laisse les notes des cordes et des cuivres me pénétrer comme autant d’amants expérimentés. Lorsque la dernière note retentit, les applaudissements prennent le relais et certaines personnes se lèvent pour saluer les compétences qui nous ont été offertes ce soir.

Il est temps de regagner la voiture. La douceur de la fin d’après-midi a cédé sa place à une fraicheur nocturne revigorante. Nous nous installons dans notre véhicule garé tout près et décidons de nous mettre en quête d’un restaurant japonais repéré plus tôt dans l’après-midi. Nous oublions toutefois que  nous sommes dans une ville de Province. Une ville relativement grande, certes, mais une ville dans laquelle les restaurants ne servent plus après vingt-deux heures.

Qu’à cela ne tienne, un établissement de restauration rapide nous accueillera bien pour nous permettre de nous restaurer. La faim commence à tenailler nos estomacs. C’est sans compter sur la politique horaire locale. Il n’y a que le service en voiture qui fonctionne. Un pique nique improvisé dans la bonne humeur sur un coin de parking nous donne le sourire aux lèvres. Une fois les tiraillements de faim apaisés, il est temps de rentrer dans nos pénates.

La route est un peu longue pour arriver jusqu’à chez nous, il faut compter près d’une heure. La musique, moins classique cette fois, nous accompagne. A la fin de la lecture, je demande à mon compagnon de changer de registre. Il est un peu gauche dans le choix musical ce soir, alors je lui souffle une idée. Ma sélection sera parfaite pour ce que j’envisage de faire. Nous arriverons dans peu de temps, je dois agir vite si je souhaite jouir du moment sans scrupule. Je me souviens alors d’un petit chemin qui sert de parking sur le bord de la route et qui mène à une Chapelle très touristique l’été.

Le virage se dessine, alors je freine énergiquement, dévie de ma trajectoire et surprend mon partenaire, évidemment. Je me gare perpendiculairement à la route principale, coupe les feux et le moteur. Morcheeba continue sa douce mélodie sur le lecteur CD. Interloqué, l’homme qui m’accompagne me regarde attentivement. Je ne peux m’empêcher d’avoir le regard malicieux et le sourire coquin. Que voulez-vous, lorsque des idées grivoises se bousculent dans ma tête, on peut lire en moi comme dans un livre ouvert.

Je me débarrasse de mes mules à talons d’un coup de pied efficace. Elles atterrissent sous les pédales de commande, alors que je recule mon siège d’un geste décidé. Le volume de la musique est parfaitement ajusté, relativement fort pour emplir l’habitacle mais pas encore assez pour couvrir nos voix. Enfin, si nous en avions eu besoin, car je me jette sur sa bouche pour le dévorer de mes lèvres et de ma langue. Je le lèche, l’aspire, le goûte. Je me délecte des saveurs du repas partagé quelques minutes plus tôt en sa compagnie, mais cette fois dans sa bouche à lui.

Ses mains se baladent sur ma poitrine et trouvent rapidement des mamelons à pétrir pour leur plus  grand bonheur. Il a bien sûr rapidement compris ce qui m’avait poussée à m’arrêter. Il prends alors quelques secondes pour abaisser son siège. Parfaitement installé pour une petite gâterie, je me sens presque obligée de répondre immédiatement à l’invitation. Il dégrafe son pantalon après avoir débouclé sa ceinture, puis libère la bête. Celle-là même qui m’a fait saliver toute la journée à son évocation, que j’espère à la minute avoir partout en moi.

Malgré le confort de notre voiture familiale, les mouvements à l’avant restent limités. Heureusement, le sept places ne comporte que six sièges, ce qui nous laisse une belle allée centrale pour nous ébattre à notre aise. Je lui propose alors de s’installer sur le siège du fond, ainsi je peux me mettre à genoux devant lui, et m’occuper de son sexe comme bon me semble. Je l’imagine déjà s’immiscer dans ma bouche, prendre possession de moi en me tenant les cheveux pour cadencer la fellation que je veux divine. Car ce soir, j’ai envie d’une chose par dessus tout : qu’il jouisse dans ma bouche.

Alors je fais ce qu’il faut pour… je le suce, le lèche, l’engloutis. Il bute contre ma gorge, tout en douceur, accentue de ce fait ma salivation dont le surplus qui dégouline de ma bouche quand il en sort nous fait carrément planer. Les phares des voitures qui passent à quelques dizaines de mètres de nous intensifient l’instant. L’idée d’être aperçus, même furtivement, est très excitante. Je tends parfois l’oreille pour constater un ralentissement du moteur, même si aucun voyeur potentiel ne fera demi-tour.

Il fait chaud maintenant, la buée condense sur les vitres. J’abandonne mon haut pour laisser apparaitre mes seins nus. Mon soutien-gorge avait déjà atterri sur le volant au début de nos caresses. Il reprend mes seins en bouche alors que ma main s’active autour de son membre dressé. Il est dur, large et d’une puissance que l’on a envie de tester. Ses baisers se perdent dans mon cou, me font soupirer alors que je n’attends qu’une chose, le reprendre en bouche. Ce que je fais dès que ses lèvres quittent ma peau plus d’une seconde.

S’ensuit une fellation fougueuse, pleine d’énergie contenue et de désir prêt à se déverser. Je bouge ma tête dans un rythme effréné qui lui soutire des gémissements qui me rendent folles. L’entendre au bord de la jouissance me transporte. Alors je continue, tout en lui flattant les bourses de la main, malaxant, massant la région périnéale, remontant le long de sa tige, pour finir par agripper le siège à côté de moi tant le tempo est soutenu. Morcheeba nous accompagne toujours, tantôt gai et exotique, tantôt doux et sensuel.

Mais l’effort est intense et mon plaisir qui s’amplifie m’empêche de me concentrer uniquement sur ma tâche. Je relâche donc la verge qui pilonnait ma bouche en même temps que celle-ci l’avalait et reprends ma respiration. Mon amant profite de cette pause pour glisser sa queue entre mes seins plantureux. Aucun doute, ils forment un fourreau idéal pour son sexe. Il commence alors à effectuer des va-et-vient dynamiques. Son gland apparait parfois, je ne me lasse pas de le lécher à chaque passage. Les lumières des automobilistes continuent à nous balayer de temps à autre nous faisant encore mieux profiter du spectacle. Il baise mes seins, et j’adore ça.

Il le fait si bien qu’il s’apprête à jouir. Il a le réflexe de se retirer de cet écrin de peau féminine pour plaquer ses mains au dessus de ma tête et attirer ma bouche vers sa verge. Je la prends largement, appuyant savamment ma langue contre son frein, plaçant ma main à la base de son sexe pour encore mieux le tenir entre mes lèvres. Je me positionne pour qu’il vienne cogner contre ma gorge, de manière à recevoir sa jouissance au plus près.

Et ça ne tarde pas à arriver… Alors que son gland frotte vigoureusement mes muqueuses les plus sensibles à chaque coup de rein, je sens la chaleur de son jus se répandre directement contre la paroi de ma gorge. Les jets de son orgasme me tapissent l’oesophage et me rendent dingue. Je l’avale sans même avoir le temps de le goûter. Je reste un instant là, comme ça, sa queue bien calée contre ma langue, mon souffle autour de lui, et lui laisse ainsi le temps de reprendre ses esprits.

Je relève mon buste mais reste à genoux devant lui, ma main soutenant ma tête alors que mon coude s’appuie sur le dossier du passager avant, les seins nus, le regard bravache et le sourire conquérant. J’aime le voir épuisé de plaisir, cet instant où ses nerfs ne sont plus rien, où il se laisse totalement aller à la plénitude du moment. Tout autant que le plaisir d’être à l’origine de l’initiative, comme du dénouement. J’aime quand il prend son pied sans penser une seconde à me rendre la pareille (enfin, j’aime à l’imaginer). Un plaisir sans contrainte. Un plaisir puissance mille.

… et si vous voulez naviguer un peu sur la toile, voici un joli hasard…
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25 réflexions sur “Extérieur nuit

  1. « Le requiem de Mozart est une pure merveille » … je confirme !
    J’ai follement aimé une femme qui aimait follement le requiem de Mozart …
    Je me suis délecté de cette escapade nocturne au creux des sinuosités de vos chemins détournés.
    Votre maîtrise de l’art de la fellation n’est plus à prouver, car une fois encore, vous nous avez bien ébranlés …
    J’ai trouvé votre langage un peu plus fleuri que d’habitude !
    Serait-ce par péché de gourmandise ? 😉
    Je me suis régalé, tout autant que vous …
    Au plaisir chère Succuba.

  2. Comment ne pas vivre chacune des phrases, ressentir chaque sensation, si crue soit elle ? Plaisir des sens et des mots… Envoûtant.

  3. Donc 1h de trajet à compter d’une ville de province… voilà qui nous fait une zone de 100 km à explorer… une chapelle en bord de route fréquentée par les touristes… je pense au Sud… mais, bon, c’est juste parce que j’ai passé beaucoup de vacances dans le Sud. La Bretagne, c’est touristique aussi, et c’est pas le Sud (quelqu’un pour me contredire ?). Bref cela ne restreint pas beaucoup les possibilités… Sherlock Holmes abandonne l’enquête (pour l’instant).
    7 places… mais 6… Espace ?
    Morcheeba… tantôt gai et exotique, tantôt doux et sensuel… « fragments of freedom » ? « Charango » ? « Best of » ?

    Là vous devez vous dire : « mais il va me parler de mon texte (j’ai failli écrire « sexe ») oui ou non ???

    Allez, oui, je vous en parle : « Les jets de son orgasme me tapisse l’oesophage et me rendent dingue. » avec des mots comme ça, vous me rendriez dingue et hors de moi.

  4. Pour couronner une ivresse musicale de toute beauté, monsieur peut s’estimer bien enviable de clore cette belle soirée par un si beau récital ! Et Monsieur a bien de la chance de cotoyer une virtuose de si grand talent, aussi bien oral que littéraire…

  5. Superbe décidément. Après le texte de la découverte du grain de peau…des testicules, voila l’homélie à la pipe en voiture. Ceci étant dit, vous avez là un homme bien passif comme il faut. C’est rare.

    Après un traitement pareil c’est pour l’homme qu’il va falloir un requiem.
    Et pour vous une symphonie.

    T.
    PS : je trouve que Denis a été bien sage dans son très beau dessin (il n’a pas du lire la partie « fourreau de sa queue »…).

  6. Roc, et pourtant, image il y a désormais, je vous invite même à la visiter !

    Luna, et j’ai aimé la vivre, croyez-moi…

    Philo, ravie de ce goût partagé ! Ebranlé ? j’aurais aimé voir ça… de gourmandise, de luxure, et tant d’autres, cher Philo…

    L’Eronaute,Ah, Verdi… peut être un autre soir, alors ? 😉

    , oui, comment…?

    Maître Décadent, vous tombez juste pour le Sud… je fais souvent allusion aux villes décrites ou conseillées dans différents articles pour vous permettre de mieux me situer, cher Maître ! Pour Morcheeba (quel connaisseur !), c’était bien Fragments of Freedom… quant à vous rendre dingue et hors de vous, j’en suis persuadée… 😉

    Ambre, (sourire) j’aime vous emporter avec moi !

    Olivier, j’espère que vous penserez à mon texte à chaque fois, alors…

    Oxane, que de plaisirs oraux dans tout ça !

    usclade, j’ai bien profité également, vous savez ! mais oui, j’espère qu’il a conscience de sa chance… celle de partager d’aussi bons moments avec une partenaire toujours disposée…

    Titia, en effet, il est toujours présent, presque au plus profond de nous…

    Theman, vous ne venez pas souvent, mais vos commentaires sont toujours appréciés à leur juste valeur, sachez-le… Merci pour vos mots, vos compliments, votre attention… (Denis aurait pu s’inspirer d’autres passages, en effet, sans nul doute que le résultat aurait été de la même facture que le premier ! sensuel et chaud)

    chilina, merci et bienvenue !

  7. J’adore vraiment.
    Ca faisait longtemps que je n’etais pas venu ici, tes textes son toujours aussi bien ecrits et je suis ravi d’en voir de nouveaux.
    Felicitations =)

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