Défi 1/5 – La bouche

Mes pieds testent la mousse sur laquelle ils sont posés, dans un bruit de succion, mouillé et évocateur. Je les regarde et m’étonne de l’odeur masculine qui se dégage de mes petits mouvements, comme si je pompais la toison touffue de mon amant avec mes griffes de femelle en chaleur. L’air est tiède et chargé de tension sexuelle, je le ressens fortement. Seulement ce que je vois ne correspond pas aux autres sensations que je perçois : mon nez respire le stupre, mon oreille entend la luxure, ma peau mouille d’envie et ma bouche goûte le musc d’un sexe. C’est quand cette dernière information fait mouche que la réalité se forme.

Je n’ouvre pas les yeux, même si je sais être passée du rêve à la réalité. Pas encore. Je suis allongée sur le côté, de tout mon long offerte au bord du lit et nous sommes au milieu de la nuit. Son gland est venu titiller mes lèvres, mes dents, puis s’engouffrer dans ma bouche docile, s’ouvrant comme une moule sous l’effet du feu. Je sens la veine qui parcourt la couture de sa queue palpiter contre ma lèvre inférieure. Je sens son gland râper doucement, sur quelques millimètres, mon palais gorgé de capteurs gustatifs. Il reste là, son pieu enfoncé dans ma cavité buccale, quasi-immobile, pendant de longues secondes. Je garde les yeux fermés, la magie de l’impromptu et la puissance de cette douce domination suffisant à m’exciter avec efficacité.

Sa main vient se poser sur ma tête, juste au-dessus du front, qu’il me caresse doucement du pouce. Je sens la douceur de la peau de sa verge fraîchement lavée et séchée autour de mes lèvres. L’odeur de savon, très légère, presque poudrée, mélangée aux effluves corporelles, monte en un cocktail détonnant à mes narines. Dans un seul mouvement, sa main se crispe sur mes cheveux, l’autre s’abat sur mon sein gauche et il s’enfonce encore plus loin en moi, me privant d’oxygène et de réflexions censées. Il réveille mes instincts, je deviens animale et un râle, paradoxe de plaisir et de protestation, sort comme il peut de ma gorge. Il ne bouge pas, empêchant ma déglutition et maintenant une tension extrême dans nos positions respectives. Le bas de mon corps ponctue de mouvements du bassin les envies de mon sexe, alors que ma tête demeure obéissante à la main qui la retient fermement.

Il relâche doucement la pression exercée sur mes cheveux et, la main droite toujours agrippée à mon sein, démarre des va-et-vient presque trop doux, sa queue engluée par ma salive, copieusement déposée pendant l’attente. Je sais fort bien, et plus vite que mon ombre, mouiller du con, mais pas seulement. Et je le lui prouve à chaque fellation musclée. Il se branle tranquillement dans ma bouche et je risque un clignement d’yeux, pour apercevoir les poils de son sexe à quelques centimètres de mon nez : il est proche, très proche et va loin, très loin. Mais j’aime qu’il me prenne comme ça, sans prévenir, partout. Et partout. L’excitation de la situation ou du moment me fait généralement accomplir des exploits, comme celui de l’accueillir de plus en plus loin dans ma gorge.

Toujours allongée sur le côté, je m’aperçois que ma main gauche est descendue sans même que je m’en rende compte. La droite est quant à elle bloquée par son genou qui est venu se poser sur le bord du lit. Je ne suis pas gauchère mais l’instant ne se prête guère à la revendication. Pour quelques minutes encore, je suis sa chose, je le sais et je l’accepte. Pire, ou mieux, j’en suis ravie et j’en redemande. Mes doigts ne sont pas fébriles, ils sont carrément galvanisés par les mouvements de mon partenaire. Et lorsque ce dernier laisse entendre des sons à peine audibles, qui viennent de loin, l’électricité qui me parcourt, développant les bases de ma jouissance, est décuplée.

Baise-moi, baise ma bouche, prends ton pied. Jouis de me posséder sans que je ne dise un mot, savoure de me pousser dans mes retranchements, délecte-toi de prendre le pouvoir par ta queue, tes mains, tout ton être. Baise-moi et donne-moi le plaisir que j’aime à déguster dans cette relation de soumission raisonnable. Montre-moi que je peux aller plus loin, réussir à jouir avec ma main gauche, réussir à ne pas dire un mot de toute notre aventure du moment, aimer qu’on prenne le pouvoir sur mon corps et sur mon âme, pendant quelques instants. Baise-moi et fais monter la sève qui pulse douloureusement dans tes couilles. Baise-moi et fais éclabousser ton désir contre mes muqueuses qui n’attendent que ça, ma langue aidant ton frein à gonfler encore plus ton orgasme qui se prépare en coulisses.

Mais sans prévenir, c’est le mien qui éclate en un cri étouffé par le sexe qui habite ma bouche. Mes soubresauts sont rapidement calmés par une claque sur mon sein et oserais-je l’avouer ? Ce geste amplifie ma jouissance dans un autre cri libérateur. Alors que je tente difficilement de reprendre mon souffle, les bras et les jambes en coton, lui ne s’arrête pas, intensifiant le rythme comme les gémissements graves qu’il laisse échapper. La spirale de sa jouissance est perceptible, elle s’enroule autour de son bassin et c’est maintenant des coups de rein presque frénétiques qui pilonnent ma bouche. C’est au moment où je pense que je ne tiendrais plus qu’il lâche sa semence dans un seul mouvement de queue, long et profond. Son sperme coule doucement sur le fond de ma langue pour glisser dans ma gorge, me forçant à déglutir une première fois.

J’attends patiemment que tous les tressaillements de son orgasme s’apaisent pour poser délicatement mes mains sur ses cuisses et libérer ma bouche de son séduisant envahisseur. Il attrape doucement mes poignets et lorsque j’ouvre les yeux, la pénombre nous entoure, un voile de lune est la seule source de lumière dans la chambre. Il plante son regard dans le mien lorsque mes yeux s’attardent sur son doux visage et d’un sourire, m’invite à mettre un point final à notre acte d’amour. J’avale, avec lenteur et de manière sonore, le jus qu’il m’a laissé en souvenir de sa jouissance plus qu’intense. Il lâche mes poignets et s’accroupit, prend ma main gauche pour en sucer chaque doigt, puis caresse le contour de mon visage, et finir par m’offrir un long baiser que je ne suis pas prête d’oublier, lui non plus.

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14 réflexions sur “Défi 1/5 – La bouche

  1. J’avais un rendez-vous en public aujourd’hui. Je vous ai donc d’abord lu en public avant de ne savoir résister à l’appel de vous lire au milieu de cette nuit intime. Votre bouche… m’offrirez vous aussi votre pied ?

  2. Quel bonheur de vous lire à nouveau , de vous retrouver au fil de mille sensations détectables, de vous savourer et surtout de constater que votre plume est toujours aussi … bandante !

  3. Des sensations expertement et exquisément retranscrites, à en faire bander un saint, et à donner une inspiration plus que littéraire… L’eau vient à la bouche…

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