Mes jouets et moi (1)

J’ai toujours été une adepte du naturel. Dans bien des domaines, je préfère le fait-main, le fait-maison, plutôt que l’industriel ou le prêt-à-consommer. je ne suis pas une intégriste en revanche, non. Et en tant que personne très large d’esprit, relativement ouverte vers son prochain, ses idées et ses lubies, lorsque nous en sommes venus à discuter godes et vibromasseurs, ma curiosité a été titillée plutôt que mon honneur bafoué.

Au détour d’une conversation msn si je me souviens bien… nous avons abordé l’un de nos sujets favoris, les pratiques sexuelles. Tout y passe quand nous nous y mettons, les classiques comme les plus osées, les solitaires comme les accompagnées. J’aime discuter de cela avec lui. Outre la liberté d’expression dont je fais preuve et qui m’excite au plus haut point, son répondant assez inattendu en la matière me donne encore plus envie de jouer.

La question qui est rapidement venue est « oui, mais lequel ? ». En effet, si j’avais essayé une fois un vibromasseur de piètre qualité avec mon amante de l’époque, je n’avais pas franchement succombé à ses charmes (la piètre qualité vous avait peut-être déjà mis sur la voie, remarquez…). J’étais donc résolue à continuer de me satisfaire à l’aide de mon instrument préféré pour mes plaisirs solitaires (très agréable également en duo, mais par le fait déchu de sa position privilégiée… ça vous étonne ?).

Je ne me souviens plus exactement de la suite de la conversation à distance. Les différentes fouilles sur le net sont restées bien présentes à mon esprit en revanche, les échanges d’adresses, de liens, de photos, de descriptifs… j’ai passé quelque temps à éliminer ce qui ne me faisait absolument pas envie, les formes trop artistiques pour moi, les fonctions beaucoup trop avancées pour ce que j’avais envie d’en faire : prendre du plaisir en solo de manière accentuée et aussi (surtout ?) pouvoir jouer avec mon amant, ou plutôt, qu’il puisse jouer avec l’objet et moi.

Après des recherches pour le moins agréables et étonnantes, durant lesquelles nous avons également évoqué d’autres envies, à assouvir plus tard, j’ai finalement eu un coup de foudre. Je l’ai trouvé sur un site dédié assez réputé, à l’ambiance feutrée bien pensée. Sa forme, sa taille, sa largeur, sa texture, sa couleur, son nom, son descriptif, tout m’emballait. Après une discussion sur le sujet avec une amie, j’ai quand même réservé mon choix, histoire de ne pas me fermer de porte pour ce nouvel achat. Mais malgré la superbe publicité faite pour son vibromasseur, j’ai gardé mon idée première.

A peine courbé, légèrement annelé, le gland deviné plus que bien marqué, de dimensions respectables (20 cm pour 4 cm de diamètre), il paraissait doux et souple, de couleur ivoire avec une base pourpre, l’Intensity de son nom m’a tout de suite harponnée, et le détail de ses capacités a fini de me convaincre : rechargeable, silencieux, écolo (!), sans fil ni pile, utilisable sous l’eau… vous n’auriez pas flanché ?

J’ai rapidement trouvé les arguments pour décider mon interlocuteur à passer commande : je le veux ! Il a juste pris le temps de confirmer que le coloris choisi lui plaisait également, et de se renseigner sur les différents sites proposant l’article en question. La commande finalement passée, j’étais curieuse, excitée, en attente. La livraison n’a pas tardé, à son domicile parisien. Il m’en a informée rapidement. Et j’ai fini de m’impatienter pour le découvrir. Malheureusement, les échanges que nous avions eus sur notre ambition de découvrir Intensity à deux n’ont pu se concrétiser pour diverses raisons…

C’est donc seule, chez moi, douillettement installée dans mon canapé, devant un programme télé pour le moins intéressant (une chaîne cinéma câblée, tard, le soir…) que j’ai eu envie de tester la bête. Mon amant avait pris soin de le charger. Souvent attentionné de la sorte, j’avoue que là, je l’ai carrément béni. Excitée par les images qui défilaient sous mes yeux, je ne me serais pas imaginée brancher la bestiole et patienter qu’il soit suffisamment alimenté. Même si mon premier contact s’est fait sans vibration.

J’ai pris le temps de le caresser. Doux, incontestablement. Souple, juste ce qu’il faut. La couleur absolument parfaite, tout comme la prise en main. Je l’ai titillé du bout de ma langue, ne sachant pas très bien pourquoi, obéissant juste à une pulsion soudaine. Les bruits d’action s’intensifiaient à l’écran, je devenais de plus en plus humide, sans même me toucher. Je l’ai fait glisser lentement le long de mes seins, de mon ventre, comme j’aime sentir ses mains le faire, pour laisser ce nouvel instrument de plaisir faire connaissance avec mon intimité.

Le silicone s’est arrêté sur ma toison, agrippant les poils au passage, légèrement, divinement. J’ai continué le voyage plus bas, afin que mon clitoris dise enfin bonjour à son nouveau compagnon de jeu. Excitée par le film en cours, les idées qui germaient à n’en plus finir dans un coin de mon cerveau, inutile de dire que le gel prévu par mon attentionné n’était guère utile dans ces conditions. Et que mon clitoris a réagi immédiatement au léger baiser de celui que nous appellerons plus tard « Monsieur ». Une sensation intense, alors même que je ne faisais rien de spécial, juste effleurer ma source ultime de plaisir avec la nouveauté du jour. C’est peut-être là l’unique raison.

J’étais plus que mouillée. Et le contact du vibromasseur le long de ma vulve intensifiait mon état de liquéfaction. Plus je stimulais mon petit organe érectile, plus je trempais mon compagnon d’un soir à chacun de ses passages. A tel point que lors d’une allée et venue, il s’est invité à l’intérieur de mon sexe. Juste à l’entrée. Juste de quoi me faire gémir de surprise et de plaisir. Je ne l’ai pas laissé là bien longtemps, lorgnant depuis quelques minutes sur une pénétration profonde réalisée par des acteurs expérimentés, je n’avais plus qu’une envie aussi, me sentir pleine.

J’ai plongé d’un seul geste, laissant le vibromasseur emporter avec lui tout le produit de mon excitation, lui facilitant ainsi le passage. J’ai aimé la première, toute première, sensation. Etre prise. Au sens propre. Il était là, bien présent, de toute sa longueur, de toute sa largeur, rien que pour moi, sans un bruit, sans un mot. Et le premier râle de la soirée s’est échappé lorsque ma main a commencé à bouger de haut en bas. Plus je m’activais à faire pénétrer ce membre en silicone en moi, plus mes soupirs se transformaient en gémissements. En bougeant de la sorte, mes doigts se sont arrêtés sur la base de Monsieur, et son petit interrupteur…

Je croyais avoir du plaisir, et j’en avais sans nul doute, mais ce n’est rien comparé à ce que j’ai ressenti une fois le petit bouton enclenché. Je l’ai ressorti de mes profondeurs pour le laisser vibrer contre mes lèvres humides, jouer avec mon bouton à moi, m’électriser des pieds à la tête. Drôles de sensations que celles qui m’ont empoignée ce soir-là. A la télévision, le film pour adultes avait laissé la place à des hentais gentillets… mais évocateurs quand même. Leur bande son est d’une intensité rare, si vous n’aviez jamais fait attention. Inutile de vous préciser que la chaleur est encore montée d’un cran.

J’ai joué avec les vitesses, me rendant rapidement compte que les cadences alternées n’étaient pas pour moi. Un rythme régulier, avec une intensité assez forte, voilà ce qui me faisait vibrer. J’ai continué à caresser mes lèvres, laissant les mouvements rapides du vibromasseur ériger de plus en plus mon clitoris, le rendant davantage sensible, au point de me faire crier doucement. J’ai ajouté des incursions dans mes chairs, pour encore mieux profiter de tout ce que cette verge artificielle avait à me donner.

La fièvre s’est rapidement emparée de moi, comme à chaque fois que le plaisir est intense, incontrôlable et qu’il m’emmène au bord de l’orgasme. Mes mouvements se sont faits plus rapides, moins ordonnés, mais toujours aussi efficaces. De haut en bas contre mes lèvres, de l’intérieur à l’extérieur… j’ai fini par laisser Monsieur me remplir complètement, ne le tenant que par trois doigts, continuant mes va-et-vient cadencés, jusqu’à sentir le serpent s’enrouler autour de mes entrailles, puis grimper lentement le long de ma poitrine, se frayant un chemin jusqu’à ma gorge pour sortir dans une explosion de râles.

L’orgasme est venu, d’un coup, saccadé, violent, déstabilisant, inconnu et intense. Mes jambes ne se contrôlaient plus et s’agitaient au rythme de mes spasmes intérieurs, envoyant eux-même de micro-décharges dans mon système nerveux, que je pouvais sentir jusque dans mes talons. Une expérience unique, de toute beauté, souvent reproduite mais restée inégalée. Un moment qui n’appartient qu’à mon jouet… et moi.

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22 réflexions sur “Mes jouets et moi (1)

  1. J’ai beau connaître tout le processus, tes mots parviennent comme toujours à lui donner une vie, une intensité inégalée dans l’enchaînement, le cheminement, et toujours avec un naturel désarmant… J’aime.
    Merci…

  2. Je suis jalouse…
    Un peu comme toi, « adepte du naturel », j’ai craqué sur le « Delight » mignon, doux, vibrant à souhait, sans pile etc… Mais mon jouet ne me fait (presque) rien. Alors je suis retournée là où je l’ai acheté pour expliquer à la nana que j’étais un peu déçue de mon investissement… Je dois pas savoir m’en servir parce que selon elle, « il est génial, ça serait dommage de le laisser dans le tiroir »… Faudrait que je matte un bon film avec mon jouet, ça m’aiderait peut-être 🙂

  3. Enfin quelqu’un qui me rassure en avouant
    l’intensité d’un orgasme avec un jouet charmant
    un moment unique, étrange et éblouissant
    une sensation qu’on ne peut pas vivre avec un amant

    merci !

  4. j’avoue être pris de frénésie quand je me retrouve dans un lieu ou les jouets sont présentés en nombre, promesses de tous les plaisirs et de toutes les perversité…je suis un expérimentateur, et ne résiste jamais au plaisir d’essayer ceux que je ne connais pas… bien sur, il me faut des cobayes (grand sourire)
    Chère Succube, un jouet ne s’essaye jamais seule, il faut le débourrer à deux : grand sourire

  5. Je me souviens que le jouet le plus « mémorable » pour moi l’a été sûrement parce que sa propriétaire, désireuse de me prouver son efficacité redoutable m’a proposé des travaux pratiques avec elle… et c’était… hmm !
    Bref, une langue de diable, vibrante et en silicone, pointue, fabuleuse ! (pas mon amante, hein, son jouet ! 😉
    Sinon, pour moi, les plaisirs avec jouets sont avant tout solitaires et il faut donc que le jouet soit simple mais à la hauteur de mes exigences.
    Merci de ton passage en mon antre nocturne, bises 🙂

  6. … il y a tellement de choses à redécouvrir, à revivre, à inventer…

    Flower, n’hésite pas les images qui accompagnent, c’est un effet boeuf !

    Multi sourires, l’objet allié à notre propre connaissance de notre corps est une arme redoutable, c’est indéniable..

    Jeff, reviendrez-vous ?

    Ros’, elle ne sait pas ce quelle rate… toi, en revanche, je pense que tu en as une petite idée… arf…

    Philo, comment vous faire refermer la bouche ? mmmhhh ?

    Animal (comme vous nous manquez…), il n’a pas été débourré à deux, l’occasion a sauté (!), mais nous l’avons utilisé ensuite et c’est… particulier…

    Waid, c’est une proposition ?

    Laurent, ravie d’étancher votre soif…

    Cara mia, c’est étrange, j’ai moi même essayé ce genre d’objet en compagnie féminine la première fois, et ça n’a pas été du tout concluant… et celui-ci, je te rassure, est bien à la hauteur de mes exigences 😉

  7. Je suis séduite et envieuse. Votre écriture est si… si… J’aime!
    J’ai un nombre certain de toys, mais je reste sur l’idée que c’est très personnel. Je ne partage pas mes jeux siliconesques. Mon époux m’a offert un … rabbit! Très rose et très complexe.. avec un tas de variateurs et des têtes tournantes, vibrantes, très énervantes. Des billes, des petites langues plastiques, souples, frétillantes. Mon rabbit ne sort que très rarement. Car il est.. trop efficace. Quand une bouffée de masturbation pointe, je sais qu’elle sera assouvie en quelques instants. C’est violent, fort, extrêmement physique. Mon imaginaire ne trouve même pas sa place. C’est presque mathématique. J’aime l’utiliser dans des pièces inconfortables. Sur le carrelage froid et dans la pénombre. Mon rabbit est aussi détestable qu’adorable.

  8. La magnifique description (pré-galop d’essai) de l’objet dans ses moindres courbes, textures et couleurs, pour ne rien dire de l’attention aux détails techniques (toujours importants), témoigne d’un troublant fétichisme du bel objet que ne renierait probablement pas un designer industriel de voiture italienne.

    L’utilisation non plus, sans doute. Mais je peux déjà moins m’avancer sur les proclivités en la matière des ingénieurs automobiles transalpins.

    En tout cas, j’espère que que l’exhumation (résurrection?) d’autres billets suivra !

  9. Il n’est pas interdit de commenter à nouveau cinq ans après j’espère ?
    Car j’ai pris énormément plaisir à relire vos petites perles épistolaires, suitant ici et là au fil de vos lignes …
    Vous êtes délicieuse dans la plume et je suis gourmand, comme vous l’avez deviné depuis longtemps ! 😉
    Merci pour cette jouissance des sens …
    Au plaisir Plume,
    Doux baisers.

    • Parce qu’il faut toujours tester, tenter, goûter ! On ne sait jamais à côté de quoi l’on passe sans y avoir ne serait-ce que jeter un oeil, pour ne pas dire autre chose 😉

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