Odeurs…

L’intensité du regard échangé aurait pu présager ce qui allait suivre. Mais ce sont surtout les mots non explicités, lourds de sens et d’envies, qui ont mis le feu aux poudres. Quatre yeux qui se parlent, littéralement, mettant de côté les problèmes du quotidien pour ne plus que tourner autour du désir qui gonfle, silencieusement, sûrement. Alors un doigt frôle une joue, des bras entourent le corps de l’autre et l’instant tendresse est à son paroxysme. L’odorat entre en jeu et fait monter la pression d’un cran. Le sang pulse plus rapidement, les mains cherchent la peau sous le tissu, les souffles communiquent avec les oreilles. Une odeur brute, animale, se mêle à un après-rasage qui fait tourner la tête, mettant tous les sens féminins en folie. La salive laissée par un baiser mouillée sur la joue se joint aux effluves, l’excitation est à son comble. C’est le meilleur moment, l’instant qui précède les gestes appuyés, dirigés, intentionnés. Les quelques secondes suspendues pendant lesquelles les fantasmes vont bon train, les scenarii se bousculent et l’imagination déborde.

Alors vient une première main, savamment empoignée pour être déposée au creux d’une intimité que l’on devine moite et chaude, sous le tissu du pantalon. Les doigts n’attendent cependant pas que le textile tombe, ils s’activent autour du sexe qui se fond littéralement dans la paume qui l’entreprend. Les langues se délient, autour d’elles-mêmes, des lobes d’oreilles, des joues à portée, de chaque centimètre de peau accessible. Mi-baisers, mi-reconnaissance linguale, les bouches opèrent une savante danse érotique. Des mots sont lâchés, doux et accueillants, des manques sont verbalisés, prometteurs de longues minutes de plaisir. Mais le temps presse, les actes deviennent plus directs, sans pour autant perdre en charme et intensité. La main qui masse le con se glisse à présent contre la peau, effleure les poils et ose un doigt aventurier entre les lèvres déjà gonflées. L’envie se fait sonore, un râle masculin étouffé accompagne un soupir de plaisir de la prise en main.

Les odeurs s’en mêlent, celle, naturelle, de la peau, celle de la lotion parfumée, puis les senteurs intimes de celle qui se caresse pour accompagner la main qui l’investit. Doigt après doigt, c’est maintenant quatre acteurs qui la font chavirer en rythme. Elle porte sa main trempée à sa bouche, se goûte, hume son odeur, se délecte de son puissant effet, sur elle comme sur lui. Tous les sens sont en éveil, mais le nez est plus que sollicité, aujourd’hui. Elle réclame sans pudeur qu’il mette sa langue. Il enlève le pantalon qui fait barrière pour assurer ses gestes et deux de ses doigts profondément enfouis en elle, il lèche la vulve envahie de cyprine comme si sa vie en dépendait. Il gémit parfois, faisant encore plus rapidement grimper la spirale de plaisir qui s’enroule délicatement. Il colle sa langue, largement, récupérant les sucs capiteux au passage, bandant comme il ne l’avait fait depuis des jours. Puis les mots fusent, témoins d’un orgasme en préparation. Sa main nouée dans les cheveux qu’elle aperçoit entre ses cuisses, elle guide la tête qui oeuvre à son plaisir afin de ne pas en perdre une miette.

Elle s’étonne toujours qu’il la connaisse si bien, du bout de la langue, du bout des doigts… Un dernier gémissement masculin la fait chavirer, la jouissance déploie ses ailes, violente et douce à la fois : « bois, bois-moi, bois encore ! » Les spasmes s’apaisent au creux de son intimité, pour finir leur course dans les jambes et les pieds, parfaite preuve d’un désir assouvi de la meilleure manière. Restent les odeurs qui flottent dans le silence qui les entoure soudain, la moiteur de l’été bien installé magnifiant les sensations : salive, fluide orgasmique, eau de toilette, exsudation, lessive… fixées par un baiser lent, profond, juste avant de se séparer. Autant de souvenirs à emporter, odeurs collées à la peau, aux doigts, aux joues, aux poils de barbe, sur les muqueuses buccales… dans lesquelles se replonger avec délectation de retour au bureau.

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12 réflexions sur “Odeurs…

  1. Je suis toujours autant conquis par les envies de votre plume !
    Plus que le plaisir de la vibrante lecture de vois écrits, je me sens en accord parfait avec l’expression de votre ressenti. Tout m’est familier, votre sens tactile, les substances et fluides qui nourrissent notre ivresse, les fragrances et odeurs qui exaltent notre jouissance …
    Que seraient les étreintes sans le musc ?
    Et puis je vous lis et je retrouve une formule qui m’a été adressée pas plus tard que cet après-midi !
    Elle me disait en « substance » … Bois-moi !
    Au plaisir chère Plume.

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