La chambre des Secrets (1)

Des tracas, des coups de gueule, de l’orgueil à revendre et un grand besoin de se détendre… Extinction des feux, donc. Puis un plongeon salutaire dans un lit, bien au chaud, sur des oreillers moelleux. Et accompagnée. Il s’appelle Monsieur. Juste Monsieur. Et comme il n’a pas de bouche pour protester, pas d’autres membres que le central pour s’agiter, on ne lui demande pas son avis.

Exténuée, mais la nécessité de décompresser… comment ? Avec du plaisir. Habituellement, elle préfère, en solitaire, ne faire qu’avec le naturel. Mais ce soir, et ne sachant pas où les envies allaient l’emmener, un petit flacon bleu trouve sa place à côté du lit, pour tenir compagnie à Monsieur, le temps que la demoiselle s’installe confortablement, nue, dans ses draps tièdes.

Un ballet de caresses débute, pour prendre la température de sa peau, de ses envies. Elle fait courir ses mains sur son corps, effleurant ses seins, ses épaules, son ventre, le haut de ses cuisses. Jouant un peu au passage avec les os de ses hanches, de ses côtes, dessinant leur chemin à l’aide d’un doigt. Une légère chaleur monte, savoureuse. Elle attrape Monsieur fermement, lui colle une minuscule noisette, à peine ce qu’il faut pour une exploration en surface, du produit délivré par le flacon bleu. Elle se rend compte au même moment que, comme à son habitude, le gel est superflu dans ces eaux-là. Sa danse manuelle l’a déjà préparée.

D’abord inerte, Monsieur se met à vibrer légèrement entre ses mains. Elle glisse promptement son accompagnateur vers l’endroit qui le réclame tant, complétant une excitation déjà bien installée. Quelques caresses en surface, titillant tout ce qui peut l’être au passage, grâce à des applications verticales douces mais fermes. A l’aide de mouvements bien choisis, une vague de chaleur commence son cheminement intérieur. Son corps ondule imperceptiblement, mais le courant qui l’habite se fait aussi sonore. Elle laisse entendre quelques gémissements de plaisir, fugaces, presque inaudibles.

Lentement, les vibrations continuent leurs effets. Elle devient plus humide encore, s’ouvre, sans même s’en apercevoir. Elle ressent l’air qui chatouille son intimité mouillée, comme un visiteur inattendu. La sensation fait redoubler son excitation. Sa main fait glisser Monsieur directement où il souhaite aller, où elle souhaite qu’il aille, la prenant en profondeur dès la première incursion. Elle en crie de plaisir et de surprise. Un son, unique, fort, chargé de tension sexuelle.

Sa main ne bouge plus, Monsieur calé à l’intérieur, elle laisse les vibrations augmenter la sensibilité de son sexe, tout entier. Elle en augmente sans même y penser l’intensité, envoyant presque trop vite des ondes de plaisir qui la traverse de part en part. Sa main gauche étreint un t-shirt noir et le ramène à son visage de temps à autre, pour qu’elle puisse s’enivrer de son odeur. Sa main droite reprend ses va-et-vient intérieurs. Monsieur ressort prendre l’air, ce qui finit de lui faire cambrer les reins. Elle ne tient plus, ses habiles caresses, longues et appuyées, la mettent au bord de l’explosion. L’orgasme est tout proche, mais elle ne continue pas.

Elle laisse glisser sa main et son accompagnateur vers le bas, doucement, le contact du silicone mélangé à ses fluides facilite les mouvements. Elle s’entend râler, à peine plus qu’un murmure, et l’appeler, lui. Elle comprend qu’elle va explorer un endroit qu’elle n’a pas l’habitude de fréquenter seule. Elle prononce son prénom, comme lorsque son souffle réchauffe son cou à lui en donner la chair de poule. Sa main sait parfaitement où elle se dirige, alors avec précaution, Monsieur titille une entrée encore inconnue pour lui.

Avec ses vibrations, c’est tout simplement magique, comme un sésame, rien ne lui résiste. Avant même d’explorer en profondeur, il revient vers le haut, excitant son clitoris, redescend, plonge entre ses lèvres pour ressortir aussitôt, puis descend plus bas encore, une nouvelle fois. Le téléphone se met à sonner, un sms, tendre, plein d’amour… elle soupire. Et un éclair de lucidité lui traverse l’esprit : si elle veut aller plus loin, elle doit prendre les précautions nécessaires.

Elle s’empare du flacon bleu et fait sortir assez de gel pour en imprégner Monsieur de haut en bas, tout en prélevant ce qu’il faut pour préparer le terrain. Elle n’a pas l’habitude de sentir ses propres doigts masser cet endroit et elle est surprise de l’effet procuré. Elle pense à lui, à ce qu’il lui a déjà fait, à ce que ça lui a fait, à ce qu’elle a dans les tripes rien que d’y repenser. Elle n’est plus que fièvre, partagée entre l’envie de l‘appeler, de lui en faire profiter et le désir de vivre cette première expérience seule, juste avec ses propres ressentis.

Elle opte pour la seconde, ne sachant pas très bien comment expliquer ce qui l’a menée jusque là. Et elle entre en action… Après quelques mouvements invasifs, elle se rend compte que la position n’est pas confortable, allongée sur le dos, les jambes (et le reste) ouvert(es), ne facilite pas ce qui la tenaille depuis un petit moment. Elle se met sur le côté, jambes repliées et jointes et elle commence à explorer, doucement. Il y a une résistance, elle reste attentive, elle ressent énormément de choses, frustration de ne pas le partager (finalement), plaisir immédiat, excitation de la suite.

Elle lâche le t-shirt qu’elle avait repris en main pour prendre le téléphone, le repose, ce qui commence à l’envahir est trop fort… il n’y a plus de résistance, et elle le bénit d’avoir eu la présence d’esprit d’acheter ce petit flacon bleu… Elle commence avec un mouvement doux, souple et droit, instinctif. Comme pour ne rien gâcher. Les sensations sont très différentes de ce qu’elle connait habituellement, et en même temps procurent autant, si ce n’est plus, que lorsque Monsieur plonge en terrain connu.

Elle se rend vite compte que tout est facile, elle ne s’y attendait pas, ce qui décuple son plaisir, et lui prend littéralement le ventre, elle s’entend, elle n’est plus du tout silencieuse, ce qui n’arrive jamais lorsqu’elle est seule. Elle prononce son prénom plusieurs fois, comme pour le matérialiser devant elle, là, tout de suite, elle a envie qu’il soit en elle, ici ou par la voie qu’il connait mieux, peu importe, elle a envie de lui. Une pincée de frustration plus tard, elle se rend compte que Monsieur est comme chez lui, et qu’il lui rend son bien-être au centuple. Elle est ravagée de l’intérieur, se met à genoux, à peine consciente de ce qu’elle fait, et commence des va-et-vient longs et doux.

Elle donnerait n’importe quoi pour qu’il soit là, sous elle, à sa place… tout en ne sachant pas comment il réagirait… alors elle continue à se donner du plaisir, sans plus y penser, et tombe sur le lit, les fesses en l’air, toujours plus réceptive. Elle continue ses mouvements, ils doivent être faits tout en douceur, longs, pour que ce soit bon : l’excitation le lui a appris rapidement…

La joue contre l’oreiller, elle libère sa main gauche qui va caresser l’endroit qui la fait grimper le plus vite, faisant gonfler son clitoris déjà bien bandé. Elle sent que quelque chose approche. Colossal. Elle veut être prête pour en savourer chaque seconde, chaque onde. Elle change de main, la gauche continuant ses mouvements longs et doux, la droite plus vive, l’excitant au possible… ce qui se passe alors est indescriptible. En à peine quelques secondes, elle a l’orgasme le plus bouleversant qu’elle ait jamais eu. Des voix imaginaires se mêlent à ses cris de jouissance, de l’électricité se mélange à la chaleur qui l’habite, un tremblement de terre la secoue comme une poupée de chiffon.

Elle en retombe à plat ventre sans plus aucune énergie, les spasmes qui lui contractent le sexe sont d’une intensité incroyable, se diffusent dans tout le reste de son corps, comme de suaves rappels, du plaisir dans le plaisir, des sensations orgasmiques nouvelles, intenses et troublantes. Elle s’endort dans la seconde qui suit, Monsieur dans la main gauche et sa main droite encore entre les jambes…

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30 réflexions sur “La chambre des Secrets (1)

  1. Merci mon Canard. Désolée pour ma subtilité (oui, il me plait de préférer croire ça plutôt que de penser ne pas être limpide, étrangement)… et non, encore un mystère de la langue française, mais c’est bien un succube…

  2. Merci pour votre visite chez moi.
    Il fait chaud ici, très chaud (est-ce l’effet de vos mots?) et je m’y sens bien. Je reviendrai…

    Et pour la petite leçon de grammaire (désolée, je ne peux m’en empêcher), on dit un succube puisqu’il s’agit d’UN démon (femelle, mais UN démon quand même). Après vérification, Le Petit Larousse Illustré nous apprend qu’on peut aussi dire une succube…

  3. très doux, comme j’aime.
    très agréable caresse…
    peut être un peu long pour moi, je serais certainement aller plus vite à l’essentiel !

  4. Un succube, trois incubes, c’est l’heure de l’apéricube…

    (Moi aussi je croyais qu’on disait une succube, comme quoi il existe de fort agréables façons de se coucher moins bête – et, en ce que me concerne, un peu plus raide).

  5. Ange Solaire, bienvenue en ces lieux, j’espère vous revoir très bientôt ! Et suite à votre intervention, je me demande si le succube ne va pas se féminiser, histoire de moins choqué mon (futur) lectorat, puisqu’une entorse du Petit Larousse, illustré qui plus est, nous y autorise…

    Melena, la patience, dans les jeux érotiques, fait aussi partie du charme 😉

    Titia, comme tout le reste, oui.

    Cui, merci pour ta charmante image, le slogan m’est resté pas mal de temps en tête (gggrrr ! 🙂 ) et ravie de raidir certaines parties de ton anatomie…

    502, arrêtez donc de rêver… faites.

    Fa, merci pour le compliment !

    Savinien, c’est avec impatience que je vous relirai chez vous, et ici. Je vous en prie.

  6. lu d’une seule main … preuve que vos mots sont aussi évocateurs pour vos lecteurs que vous l’odeur du tee shirt noir …

    finalement les moments de solitude permettent cela

  7. Désolée Succuba, j’ai effectivement un problème de configuration sur mon blog qui ne permet plus aux internautes de commenter mes articles.
    Mais le problème devrait finir par se résoudre. Patience… :))

  8. Nous découvrons votre blog par hasard. Quel joli texte, quel joli histoire.

    Nous sommes ravis d’êtres venus par ici et soyez sûre que nous reviendrons très vite.

    Bonne année et ne succombez pas trop vite à 2009 😉

    Sophie & Guillaume

  9. bonjour, enchantée 🙂
    je suis conquise dès ma première visite, car en fait, c’est un texte que je n’ai pas osé écrire lors de ma première découverte de ce genre.

    Au plaisir,
    🙂

  10. Effrontée, mon cadeau est arrivé à bon port 🙂

    Waid, quelle précision exquise… tout moment est bon à exploiter, en effet.

    Véropapillon, deux autres blogs, moins charnels, dans un autre registre. Et c’est toujours un plaisir de passer te lire.

    Emeline, je ne tarderai pas à revenir lire et commenter, si le coeur (ou autre chose) m’en dit.

    Hector, vous êtes le bienvenu !

    Sophie et Guillaume, c’est bien trop tard pour ne pas succomber à 2009 ! Impatiente de vous relire chez vous comme de vous revoir ici.

    Flower, il faut toujours osé, surtout dans ce monde virtuel qu’est internet… ravie d’avoir narré ce que vous avez vous-même déjà découvert.

    Animal en quarantaine, jusqu’où êtes vous allé ?

  11. Quel vibrant éloge des plaisirs solitaires! Et je comprends parfaitement votre envie de partager vos émotions, alors que Monsieur vous conduisait lentement sur les chemins du plaisir…Il aurait sûrement apprécié…

  12. Pas très sympa ce genre de texte alors que je suis à la méga bourre ce matin…
    Tant pis, je me relirai quand j’aurai davantage de temps devant moi 🙂
    J’aime aussi beaucoup te lire en Succuba 😉

  13. Lorsque je survole les commentaires cela m’émeut beaucoup … tous ces pseudos qui ont traversé nos espaces, et nous les leurs !
    En vous lisant de nouveau, je me disais que vous étiez la reine du sujet.
    Oui, vous faites du désir et de la sodomie ce que tout le monde devrait connaître, et apprécier …
    Il m’est arrivé d’observer ce genre de situation, en voyeur privilégié. Il m’est aussi arrivé de la provoquer et l’agrémenter de ma propre présence …
    J’ai également connu l’intrusion d’un Monsieur vibrant qui m’a offert une palette de grisantes sensations, guidé de main de Maîtresse …
    Ce fut un réel plaisir de me replonger dans ce délectable récit !

    • Quel plaisir de lire que vous avez pu goûter à ces délices ! J’aime partager les impressions sur le sujet, surtout avec un homme ! Puissent-ils être aussi curieux et libérés que vous 😉

  14. Tout comme Philo, revoir les commentaires de toutes ces personnes, dont certaines m’étaient proches, c’est comme un irruption impromptue dans un passé proche et déjà lointain.

    Pour le reste, le « lui » permet toutes les supercheries.

    • (sourire) en effet, repartir cinq ans en arrière, ça n’est pas anodin… la plupart nous ont quittés, c’est bien dommage… je laisse le « lui » à votre imagination !

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